Rêveries

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jeudi 26 octobre 2006

Potentiel début de roman

Voilà une scène introduisant l'héroïne de mon peut-être prochain roman (si je n'écris pas la suite d'Elfe noire, démon rouge avant, mais je suis un peu fâchée avec Kalia en ce moment). Je ne sais pas si je vais la garder, mais pour l'instant je l'aime bien, malgré, comme à chaque fois que je n'écris pas dans un univers de «Fantasy», la présence d'un certain nombre de libertés prises par rapport à la «réalité»


Sexe : M ; c’est ce qu’on pouvait lire sur le passeport passablement froissé et imbibé d’essence qui servait présentement à boucher une bouteille en verre remplie du même liquide.

Avec précaution, Alysse appuya le bout incandescent de sa cigarette sur le M et regarda ses papiers prendre feu.

Puis elle lança la bouteille en verre vers une fenêtre du premier étage de la mairie, et s’écarta avant de voir ce que ça allait donner. Elle l’apprendrait en lisant le journal du lendemain.


*****

L’adjoint au maire avait regardé le jeune transexuel et décrété :

« Je suis désolé, monsieur...

— Mademoiselle.

— ... mais si vous n’avez pas subi l’opération de chirurgie, vous ne pouvez pas...

— En fait, avait protesté Alysse, j’ai été opérée. »

L’adjoint au maire, légèrement contrarié, avait retourné quelques-unes des feuilles qui se trouvaient sur son bureau, puis regardé à nouveau le jeune homme qui voulait être femme. Il ne le trouvait pas très féminin, à vrai dire, et la cicatrice qui lui barrait une partie du visage ne faisait rien pour améliorer l’aspect artificiel qu’avait ce dernier.

« Ce n’est pas mentionné ici.

— J’ai un certificat du médecin, là, avait proposé Alysse.

— Ça n’ira pas. Il faudrait au moins une expertise...

— Une expertise ? Ça veut dire quoi ? Une autopsie ?

— Restez poli, monsieur, s’il vous...

— Mademoiselle !

— S’il vous plaît, reprit l’adjoint en soupirant. Ça n’a rien de personnel. C’est la procédure. »

Alysse était partie en grognant, s’arrêtant juste aux toilettes — celles des femmes — avant de quitter le bâtiment. Elle en avait profité pour ouvrir la fenêtre, dérouler le papier toilette et verser de l’essence dessus.

Ça n’avait rien de personnel. C’était sa procédure à elle.

mardi 17 octobre 2006

La mémoire de l'eau

La mémoire de l'eau est le nom d'un principe quelque peu fumeux, censé notamment expliquer le fonctionnement de l'homéopathie, qui dit grosso modo que, même s'il n'y a plus de molécule d'un produit à force de dilution, l'eau qui a été en contact avec cette molécule garde toujours un effet. Ce principe a surtout suscité des controverses à cause d'un article publié dans Nature, désavoué par la suite.

Bref.

Voici une nouvelle qui ne parle pas de ça. Je l'ai écrite il y a quelque chose comme deux ans, et au niveau du style comme du fond il y a un certain nombre de problèmes, mais j'avais tout de même envie de la ressortir du placard. J'espère que ça vous plaira quand même un tout petit peu. C'est du policier un petit peu fantastique (suivant comment on regarde), et ça reprend un personnage du roman Loser, même si l'univers n'est pas vraiment cohérent (en fait, l'univers est vaguement cohérent avec l'univers qu'aurait été celui de Loser si je l'avais réécrit comme je le prévoyais au moment où j'écrivais ce texte, mais j'ai eu la flemme).

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