Rêveries

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lundi 23 juillet 2007

De la Fantasy transpédégouine

Pour changer un peu, voici un petit billet sur une réflexion de pourquoi j'écris ce que j'écris et qu'est-ce que j'ai envie d'écrire.

La semaine dernière, c'était les UEEH - Université Euromediterrannéenne d'Été des Homosexualités - à Marseille, et c'était vraiment très intense et intéressant. Pour ma part, c'était la première fois que je voyais que le terme LGBTI voulait vraiment dire Lesbiennes, Gays, Bis, Trans et Intersexes, et ne se limitait pas comme c'est souvent le cas aux homosexuels hommes (et bios).

Ce fut l'occasion de nouer de nombreuses discussions avec des personnes et des associations intéressantes, comme les Panthères Roses de Paris ou les Panteras Rosas du Portugal, la Guerilla Travolaka de Barcelone ou encore Act Up qu'on ne présente plus.

Voilà, c'est maintenant et malheureusement fini jusqu'à l'année prochaine. Alors je suis rentrée à mon boulot, et comme c'est dur de rebosser après une semaine de «vacances» militantes épuisantes, je suis revenue d'abord aux préoccupations plus «loisir» que «travail», comme la Fantasy et la SF.

Et du coup je trouvais que, particulièrement dans la Fantasy, on a finalement des modèles qui reproduisent en général les normes de la société. Dans la plupart des romans, le héros est un homme hétérosexuel, en général aux qualités plutôt associées à la virilité (force, autorité). Et blanc, accessoirement. Sous prétexte qu'il s'agit d'univers moyen-ageux les femmes sont très souvent invisibles, même s'il y a parfois tout de même des femmes combattantes histoire de pouvoir glisser, à l'intérieur de la bande de guerriers, une histoire d'amour qui soit hétérosexuelle.

Personnellement, en tant qu'auteure, j'ai un peu tendance à faire l'inverse. Je n'avais jamais théorisé la chose, mais je pense que c'est lié à une question de pouvoir s'identifier à un personnage. Il y a je trouve assez peu de fictions où l'on peut s'identifier à un personage homosexuel, en tout cas dans la Fantasy, mais aussi dans la Science-Fiction, le fantastique ou le policier. Le vide est encore plus important pour les trans' puisqu'en général la seule fonction est d'être un monstre psychopathe (comme dans le silence des agneaux). Même chose pour les intersexes, d'ailleurs.

Je pense que c'est un vrai manque et mon ressenti personnel concernant le fait d'être transsexuelle, c'est que globalement mes problèmes «d'identité», c'est-à-dire bêtement le fait de penser «oh mon dieu je suis trans' je suis un monstre c'est horrible» auraient pu être réduits si dans la fiction, la littérature, le cinéma etc, j'avais eu des «modèles», des personnages desquels j'aurais pu me dire «eh bien voilà, ce personnage est trans' aussi, et alors ?».

Du coup j'ai encore plus envie (enfin, disons que maintenant j'ai envie de le faire, alors qu'avant c'était un peu sans m'en rendre compte) d'orienter les textes que j'écris vers les aspects «LGBTI» - et sans doute maintenant un peu plus trans' que les autres lettres - non pas pour centrer l'histoire sur ces thématiques, parce que finalement des histoires centrés sur l'homosexualité voire la transsexualité d'un personnage il y en a, mais des histoires où on a des personnages homos, trans ou intersexes qui sont aussi autre chose que des homos, trans ou intersexes, je n'en vois pas beaucoup.

Bien sûr ce n'est pas avec les quelques dizaines de personnes qui lisent mes textes par internet que ça changera grand chose, mais bon, c'est toujours mon petit caillou apporté à l'édifice.

mercredi 16 mai 2007

Un petit extrait

Même si je n'ai pas beaucoup posté ici ces derniers temps, je n'ai pas complètement arrêté d'écrire. C'est juste que je n'arrive pas à finir grand-chose, mais des débuts, j'en ai plein.

Ce début-là, je ne sais pas s'il va finir par donner quelque chose, mais après les quelques émeutes anti-Sarkozy de la semaine dernière je le trouvais dans le ton, alors histoire de meubler un peu ce blog...


Quelque part, peut-être, à moins que ça n’ait été nulle part, il y avait un pont énorme qui enjambait un fleuve de sang. La couleur rouge éclatante tranchait d’autant plus avec le reste que tout était désespérément noir ou gris : le ciel ; le pont ; les nuages ; la femme qui essayait de lutter contre le tourbillon de sang qui allait l’aspirer.

Et puis il y eut aussi, sur le parapet, une silhouette d’un noir encore plus sombre que le reste. Seuls deux yeux entièrement verts fixaient la personne qui se noyait.

« Au secours ! » hurla cette dernière.

Mais la silhouette sombre ne pouvait pas l’aider. Elle n’en avait pas le droit. Et quand bien même se serait-elle décidée à outrepasser toutes les lois qui lui étaient fixées, cela n’aurait pas été suffisant.

« S’il vous plaît... » insista la femme, qui se rapprochait inexorablement du centre du tourbillon.

La silhouette aux yeux verts haussa les épaules. Cela ne serait sans doute pas suffisant, mais même s’il n’y avait qu’une chance sur un million, est-ce que ça ne valait pas le coup d’essayer ? Cela violerait les lois, mais était-ce le bon jour pour commencer à les respecter ?

Elle tendit la main.

Vu la taille de son bras et la distance qui la séparait de la noyée, elle n’aurait jamais dû pouvoir atteindre cette dernière ; mais elle n’était pas plus disposée à respecter la loi d’Euclide que les autres.

« Et maintenant », demanda-t-elle avec une voix trop ordinaire pour son apparence obscure et surnaturelle, « quel est ton nom ? »


****

Dès qu’elle sentit l’odeur du gaz lacrymogène, Alys ouvrit son zippo et alluma la cigarette qu’elle avait dans la bouche. Ce n’était pas exactement la réaction habituelle en de telles circonstances, mais il y avait assez peu de stimuli pour lesquels elle réagissait de manière conventionnelle.

Alys était une femme plutôt grande qui avait entre vingt et trente ans, des cheveux blonds présentement recouverts d’une perruque brune qui ne lui allait pas vraiment et des yeux d’ordinaire verts, qui, à l’heure actuelle, allaient plus vers le rouge à cause du gaz, mais étaient de toute façon cachés par des lunettes de soleil.

Malgré la douleur physique, elle se sentait délicieusement bien, et terriblement excitée, un peu comme quand elle se préparait à voler des bonbons quand elle était gosse ; ou du moins, ça l’aurait excité un peu comme ça si elle s’en était souvenu.

Alys était, en effet, amnésique. Son souvenir le plus lointain remontait à quelques mois, lorsqu’elle avait ouvert les yeux sur une plage déserte. Le seul indice sur son passé était un petit tatouage, et il n’était même pas très mystérieux. Cela dit, cela ne la dérangeait pas plus que ça, et elle et n’avait jamais cherché à savoir ce qu’avait pu être sa vie avant, préférant se concentrer le présent ; même si, à l’heure actuelle, il piquait les yeux et brûlait la gorge.

Un jeune homme trébucha à quelques pas d’elle et s’écroula par terre. Il ne devait pas avoir plus de dix-sept ans et paraissait complètement paniqué par la situation. Alys l’aida à se relever et lui plaça une dosette de sérum physiologique dans la main, avant de repartir sans courir vers sa cible.

Il s’agissait d’un magasin qui vendait des ordinateurs. Un rideau de fer avait protégé la vitrine des manifestants les plus remontés, ce qui n’avait pas été le cas de la boucherie voisine, dont la vitre avait été brisée.

Heureusement, Alys n’était pas du genre à profiter de la confusion d’une manifestation tendue pour casser une vitrine au hasard. Elle avait la clé du magasin et put donc faire remonter le rideau et entrer avant que les policiers n’arrivent.

Elle fit redescendre la protection métallique, et attendit que les policiers ne chargent ; puis elle patienta encore un peu pour leur laisser le temps de s’éloigner dans une direction ou dans l’autre.

Ensuite, et alors seulement, elle brûla le magasin.

lundi 2 avril 2007

Pfiouu...

Il m'aura finalement fallu pratiquement six mois pour relire Elfe noire, démon rouge. Du coup j'ai fait un peu plus que corriger quelques fautes d'orthographe. En fait, il y aura un peu plus qui aura changé, à commencer par le titre, puisque c'est maintenant... (roulement de tambours) Pas tout à fait des hommes. Bon c'est pas encore un titre tout à fait définitif, donc si vous trouvez que c'est tout pourri, vous pouvez le dire :o) Mais bon j'aime assez parce que ça change des noms très «héroic-fantasy».

Il y a quelques autres changements plus mineurs au niveau de l'histoire, principalement destinés à (essayer d') améliorer la cohérence. J'espère que les motivations de chacun sont un peu plus claires, mais j'ai bien peur de devoir encore apporter une troisième couche.

Pour ceux qui avaient laissé un commentaire dans le billet précédent pour se faire envoyer une version papier pour béta-lire, non je n'ai pas oublié, simplement ça aura un peu de retard vu que je veux encore éliminer au maximum les problèmes de structure, etc., avant.

Accessoirement, s'il y en a d'autres qui veulent recevoir un livre en échange d'une promesse de débusquage de fautes, c'est encore possible de laisser un commentaire sur ce billet :)

mercredi 8 novembre 2006

Quelques nouvelles...

Et par nouvelles j'entends par là au sens «nouveautés» et pas «petites histoires», vu que je ne crois pas en avoir encore à présenter en ce moment.

Toujours debout !

«Toujours debout !» (titre pas encore définitif) est un projet de roman se déroulant un peu après Elfe noire, Démon rouge et impliquant également Kalia et Axelle (qui, peur ceux qui ne seraient pas au courant, sont les héroïnes de ce roman). Je vous livre le premier chapitre dans son intégralité :

Elle mourut

Ah, ben, j'ai pas dit que c'était très long. Sérieusement, je n'ai pas beaucoup avancé pour le moment, mais il est possible que je mette des extraits un peu plus longs dans pas trop longtemps. Voire que je refasse une rubrique «régulière» épisodes ; à voir.

En tout cas, ce roman parlera de zombies (pour faire très bref : nos deux héroïnes débarquent dans une ville au moment où celle-ci est envahie de zombies ; tandis que Kalia se fait bêtement mordre et commence à devenir mort-vivante, Axelle combat les non-morts). Je pense que le fait de limiter l'action permettra d'éviter certaines «erreurs» commises dans «Elfe noire, démon rouge», c'est-à-dire qu'il se passe peut-être trop de choses à trop d'endroits pour permettre une vraie description. Là, je compte bien respecter les règles d'unité narratives machin truc : un seul lieu, une durée de temps réduite (3-4 jours), un seul sujet (les zombies).

Ça paraît peut-être plus limité, mais je cerne à peu près le projet (tandis que pour EnDr, au moment d'écrire l'épilogue c'était pas tout encore tout à fait le cas) et il me plaît.

Buveur décent

J'ai aussi un projet beaucoup plus modeste mais, bizarrement, tout aussi, voire plus, bloqué, impliquant une nouvelle avec William (qui est aussi, toujours pour ceux qui ne suivent pas, un personnage de Elfe noire, Démon rouge), et qui raconterait comment il est devenu vampire. Ce serait plutôt humoristique, et j'ai même un début, mais malheureusement pas encore la fin.

Sans titre pour l'instant

Finalement, j'ai un troisième projet, dont j'avais déjà parlé il y a deux posts, où l'héroîne serait Alysse. Le problème est que j'ai un personnage principal qui me plaît bien, quelques personnages secondaires intéressants, mais pas d'histoires. Le dernier synopsis auquel je pensais était un truc comme :

  • Alysse, qui a notamment les particularités d'être trans et anarchiste, est aussi la fille d'un riche patron qui décède. D'où réunion de famille marrante en perspective pour l'enterrement du papa.
  • En plus le papa a été assassiné, d'où enquête et tout où notre héroïne est à la fois la première suspecte et une enquêtrice amateure.
  • Une, ou peut-être un, membre des RG infiltré dans une organisation d'extrême-gauche a un rôle quelque part.
  • Laura aussi, et elle apparaît à Alysse en rêve.
  • J'avais même pensé faire apparaître Gabriel, de Loser, voire... Kalia (dans ce cas ça se passerait dans un monde Urban-fantasy, et Kalia aurait plus de 300 ans).

Bref, c'est le bordel, et il vaut mieux que je laisse décanter pour virer des idées, même si ça m'enthousiasme vachement, parce que sinon ça va être du grand n'importe quoi.

(À noter que j'avais déjà écrite une nouvelle pas terrible (en tout cas, elle s'est faite refuser à l'appel à textes CeZaMe) avec cette héroïne, ou en tout cas une avec le même nom et qui lui ressemble ; j'essaierai de la publier un de ces quatre ici, mais faudra que je la retouche avant)

Elfe noire, Démon rouge

Pour finir, vu que je n'arrête pas de parler de ce que je compte faire maintenant que j'ai terminé ce roman, et bien, il serait temps que je le termine vraiment :)

J'ai tout de même relativement avancé sur la relecture, c'est-à-dire qu'il y a deux aimables personnes sur Les parrains de la plume qui ont relu méthodiquement. Il me reste à prendre en compte certaines remarques de fond et à changer certaines choses, maintenant que j'ai un peu plus de recul dessus.

J'espère toujours «vendre» ce roman via Lulu et probablement au moins Amazon. Il est déjà possible de commander des versions papiers «bêta» - que je recommande surtout pour la relecture. Il me reste quand même , en plus des relectures à faire, à régler le problème de la couverture (je ne peux pas trop me permettre de payer un véritable graphiste). Mais j'espère pouvoir proposer une version papier «de qualité» d'ici mi-2007, même si je doute qu'il y aura beaucoup de ventes :)

jeudi 12 octobre 2006

De l'intérêt des licences libres pour des romans/nouvelles

(Billet repris de mon ancien blog et qui va sans doute être sujet à modifications dans les prochains jours)

Cela fait maintenant quelques années que j'écris quelques nouvelles et romans. J'ai toujours eu envie de les diffuser sous licence libre, mais la question de la licence n'a pas été évidente, et j'ai envisagé et suis passée par plusieurs possibilités :

La FDL

Au départ, j'utilisais la FDL. Les raisons qui m'ont poussée à m'éloigner de cette licence sont, pour faire bref, qu'elle n'est pas libre. Ça fait peut-être intégriste débianniste de dire ça, et, plus sérieusement, la licence ne m'avait pas posée vraiment de problème à condition de ne pas utiliser les clauses de parties non-modifiables. En revanche, ça fait une licence un peu compliquée du coup et c'est chiant de devoir mettre à chaque fois "sans partie non-modifiable" (un truc comme ça). Accessoirement, je n'avais pas vraiment aimé l'argument de RMS qui consistait à dire, basiquement, que la définition du libre valait pour le logiciel mais que pour le reste c'était tout à fait différent (je reviendrai là-dessus). Énième licence publique

À un moment, déçu parce que je ne trouvais pas vraiment de licence adaptée à ce que je voulais, j'ai envisagé de faire ma propre licence à moi, ben tiens. Mais finalement, j'ai réalisé que je n'étais pas juriste et que du coup j'étais pas vraiment à l'aise pour ça, et accessoirement, qu'il y avait d'autres choses plus amusantes à faire que de réinventer la roue. Encore que ça peut être marrant, de réinventer la roue.

Creative Commons

Bizarrement, je n'ai jamais vraiment envisagé d'utiliser une licence CC. Je pense que ce qui me gêne un peu, c'est que quand on dit "c'est sous CC", on sait pas vraiment sous quelle licence c'est. Bien sûr, on peut dire "c'est CC-by-nd-sa-nc", mais j'ai toujours du mal à me rappeler à quoi correspond chaques initiales.

Licence Art Libre

La licence art libre est plutôt bien, et je n'ai pas vu de point gênant dans cette licence. Je l'ai utilisée pendant un certain temps, que ce soit en double licence avec autre chose, ou alors toute seule.

GNU GPL

Et pourtant, j'ai finalement (après beaucoup de tergiversations, et je garantis pas que ce soit un choix définitif :p) choisi d'utiliser la GNU General Public License. Pourquoi ? Parce qu'elle a quelque chose que les autres n'ont pas : elle est sans doute la licence libre la plus utilisée. Connement.

Là, comme ça, on peut se dire que c'est con d'utiliser une licence parce que les autres font pareil, et qu'en plus, la GPL, c'est pour le logiciel et pas pour les textes.Mais à cela je ne répliquerai qu'une chose : l'intérêt, c'est de pouvoir utiliser ce que j'ai fait dans autre chose, et, à l'inverse, utiliser autre chose dans ce que j'ai fait.

Petit exemple tout con : j'aimerais bien avoir un joli dessin d'elfe comme illustration dans le texte sur lequel je bosse actuellement, Elfe noire, Démon rouge. Comme je dessine pas bien, je pourrais peut-être me baser sur un portrait du jeu Battle for Wesnoth (d'ailleurs, c'est hors sujet mais je suis assez impressionée par l'évolution graphique du jeu depuis la dernière fois où j'y avais joué). Et c'est en GPL. Bien sûr, il y a sans doute des illustrations sous d'autres licences, mais disons que ce serait quand même vachement plus pratique avec une licence commune, ou au moins des licences compatibles entre elle. De la même manière, si je veux adapter une nouvelle en scénario pour ce jeu (oui, j'ai envisagé de le faire à un moment :p), la licence va poser problème si ce n'est pas compatible. Bien sûr, là aussi il y a des logiciels qui ne sont pas sous gpl, mais la majorité est sous cette licence.

Donc c'est pour ça que j'ai choisi la GPL. Elle a des défauts, notamment le fait de parler de "program", et pour parler d'une nouvelle ça fait bizarre. Mais je trouve absurde de vouloir séparer les logiciels des documentations des oeuvres d'art... Les trois se chevauchent : un jeu est un mélange de "logiciel" et "d'oeuvres d'art" (scénario, graphismes, musiques) ; de la même manière, pour ma petite bibliothèque en C la documentation est intégralement incluse dans le code (et générée par doxygen).

Dans l'idéal, je pense qu'il faudrait que la gpl ne soit plus spécifique aux programmes, ou alors que les licences du genre art libre soient au moins, comme la Cecill, compatibles avec elles.

En tout cas je pense que vouloir cloisonner les genres n'est pas bon... en informatique comme pour le reste :p

mercredi 13 septembre 2006

Retrospective - Blanc ou noir

Comme je ne savais pas trop sur quoi «bloguer», je me suis dit que ça pourrait être marrant que je parle un peu des textes que j'ai déjà écrits. Enfin, marrant, pour le lecteur je ne sais pas, mais pour moi, en tout cas.

Donc, aujourd'hui, ce sera sur Blanc ou Noir - alias Noir & Blanc dans sa nouvelle version. Même si je ne vais pas faire une étude de texte trop détaillée, il n'est pas impossible que je spoile un peu, alors si vous ne l'avez pas lue, vous devriez peut-être aller lire cette nouvelle avant. En plus elle est bien. Si, si.

Blanc ou noir

Blanc ou Noir a été ma première véritable expérience avec l'écriture, ça remonte à maintenant cinq ans. J'étais fan du jeu de rôles In Nomine Satanis / Magna Veritas. À l'époque j'expliquais un peu ce texte de la façon suivante :

L'idée originale de cette nouvelle m'est venue au cours du mois de Juillet 2001, en Espagne, durant un stage ouvrier (l'ennui est souvent une très bonne source d'imagination). Il devait au départ s'agir d'un scénario pour INS/MV, puis la forme a évolué au fur et à mesure.

J'ai d'abord élaboré une vague idée du scénario, puis j'ai créé les personnages (avec les règles d'INS/MV...), et ensuite... et bien, je les ai laissés se débrouiller seuls, et je me suis contenté de retranscrire le résultat.

Oui, j'avais _vraiment_ créé les feuilles de personnage. Ce qui expliquait le nombre de description du genre «il avait 3 points en apparence.»

L'histoire racontait, pour simplifier, la rencontre entre Max, un flic, et Laura, démone. Max découvrait petit à petit la lutte entre le Bien et le Mal et se rangeait du côté du Bien, mais finalement on découvrait à la fin que Laura n'était pas vraiment méchante et qu'en fait c'était des vilains Anges fachos qui avaient fait le coup.

Ça faisait 40 pages en tout et ça n'était certainement pas d'un très haut niveau, mais bon, c'était mes débuts, alors à l'époque j'avais des excuses.

Le pire, je crois, n'était pas tant au niveau du fond que de la forme. Quoique non, le pire, c'est que je ne me suis pas énormément amélioré depuis ^ ^

Pour les curieux, le texte d'origine est toujours disponible ici.

Noir & Blanc

J'ai finalement réécrit Blanc ou Noir en Noir & Blanc, en 2004, si je ne me trompe pas. Je l'ai fait parce que je n'étais pas très heureux du texte de départ, mais la réécriture ne m'a, à vrai dire, pas beaucoup plus plu, et j'ai encore retravaillé pas mal de temps dessus avant d'avoir quelque chose qui m'aille à peu près. Pour l'instant. Même si je trouve que ce n'est pas mon meilleur texte.

La réécriture a changé un certain nombre de choses, et a pour commencé enlevé toutes les références à INS/MV. L'univers dans lequel évolue Laura étant dorénavant assez différent de celui de départ. Le policier héros est devenue Mélanie, ennemie d'enfance de Laura.

Noir & Blanc a été «pensé» juste après Delirium / L'ange du chaos et écrit au momet où je préparais Elfe noire, Démon rouge (à l'époque nommé «l'n+1ème prophétie»). Ce qui explique à la fois qu'on retrouve Mélanie dans le premier et, surtout, que le couple Mélanie-Laura ait un certain nombre de points communs avec le couple Kalia-Axelle. La première version a été écrite très rapidement, mais, hélas, n'était pas encore terrible. Il y a ensuite un ou deux remaniements, et puis une réécriture plus importante, où Noir & Blanc est passé à la première personne, raconté par Mélanie. C'était, à vrai dire, en quelque sorte, une expérience ; j'avais déjà écrit Delirium à la première personne, mais le style de Noir & Blanc est assez différent, puisque j'ai cherché à donner un côté «polar».

Le monde a aussi changé durant les réécritures ; au départ, dans Blanc ou Noir, les Anges et les Démons ne sont pas connus du grand public. Au départ je voulais garder ça tel quel, mais le problème était de gérer le fait que Mélanie apprenne quand même des choses qui doivent grandement modifier sa façon de penser. J'ai finalement résolu ça en rendant les Anges et les Démons connus de tous.

Significations

Et maintenant, pour la partie auto-psychanalyse.

Je me suis rendu compte - ou, à vrai dire, je m'en étais déjà rendu compte avant - que les Anges ou les Démons et le thème de la guerre du bien contre le mal revenaient souvent dans mes textes (et même sans compter ceux où il n'y a que Laura). Quelle signification ça peut bien avoir pour moi ?

En dehors de la plus évidente, c'est à dire que le bien contre le mal représente le bien contre le mal, j'imagine qu'il y a quelques significations profondes potentielles. La plus «consciente» et qui remonte, pour autant que je me souvienne correctement, avant l'écriture de «Blanc ou Noir» est que cela représente la vieille division de la guerre froide capitalisme contre stalinisme[1]. Maintenant, on peut se demander : pourquoi cette vieille schématisation alors que, quand le mur de Berlin est tombé, je n'avais même pas dix ans ?

Je répondrais bien, bêtement : parce que je suis communiste, ce qui du coup fait sans doute que je me pose des questions à ce sujet ; cela dit, Blanc ou Noir a été écrit avant que ça ne me vienne vraiment. Encore que, la «morale[2]» de Blanc ou Noir était, en gros, «centriste» ou, en tout cas, «modérée» : «le blanc ou le noir pur c'est pas bien, tout est en nuance de gris» ; tandis que celle de Noir & Blanc réécrit serait plutôt «les deux reviennent au même, ni Ciel, ni Enfer, socialisme international». En carricaturant, évidemment, et j'imagine qu'on pourrait tout aussi bien voir comme morale «la non-violence, c'est mal» ou «les gentils gagnent».

Bien sûr, les anges et les démons ne représentent pas que ça ; parmi les autres thèmes qui ont dû influencer se trouve sans doute le fait que Bush ait promis, après les attentats du 11 septembre, de mener une guerre monumentale entre le Bien et le Mal.

Cela dit, je pense que la raison principale qui fait qu'on retrouve des anges et des démons (surtout des démons, d'ailleurs) dans la plupart de mes textes reste fondamentalement que j'aime bien ces bestioles, des cornes à la queue fourchue.

Conclusion

J'ai toujours du mal à savoir quoi penser de Noir & Blanc. Malgré ses réécritures, j'en suis toujours pas tout à fait satisfait ; malgé ça, il y a aussi pas mal de côtés que j'aime bien. C'est dur à dire. Je suppose qu'il faudra que je le réécrive encore un de ces quatre ^ ^

Notes

[1] Maintenant, je ne saurais pas bien dire si le Bien représente le capitalisme et le Mal le stalinisme, ou l'inverse.

[2] Pour autant qu'on puisse parler de morale ; et ce n'est pas forcément ce qu'en verront les lecteurs du texte. Mais, disons «morale» que j'avais à l'esprit en écrivant

jeudi 7 septembre 2006

Je ne suis définitivement pas un graphiste

J'ai beau essayé de faire une couverture correcte pour Elfe noire, Démon rouge, et bien, j'ai un peu de mal, et ce n'est définitivement pas mon domaine.

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