Rêveries

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 21 janvier 2007

Trou d'air

Bon, je ne sais pas ce que j'ai, mais depuis quelques semaines, je n'arrive plus trop à écrire. Ce qui explique sans doute le manque de mise à jour.

Ce n'est pas vraiment que je manque de trucs à faire pourtant : il faut toujours que je termine de relire Elfe noire, Démon rouge, et d'écrire Toujours Debout !, sans compter que j'ai un autre projet, plus les nouvelles. C'est peut-être justement parce qu'il y a trop de trucs ^ ^

Bon du coup pour meubler je remets un petit dessin moche tiré de Kalia et Axelle :).

samedi 18 novembre 2006

Garçon ou fille ?

Contrairement à un certain nombre de blogs, parce que je n'aime pas parler de moi et que je trouve que l'intérêt est limité, je n'ai pas l'habitude de raconter ma vie ici ; plutôt celles de personnages imaginaires. Cependant, à titre exceptionnel, voilà un billet centré sur moi.

On m'a posé à plusieurs reprises, ces derniers temps, la question : «t'es un garçon ou une fille» ?

Si la réponse était juste une option ou l'autre, ça ne vaudrait sans doute pas la peine de faire ce billet. Le problème est que c'est un poil plus compliquée, et que, du coup, je préfère autant ne pas avoir à la réécrire à chaque fois ; surtout que la rédiger me permet de faire le point dessus moi-même.

Pour répondre crûment : j'ai un pénis. Cela paraît peut-être une réponse simple et suffisante, mais ce n'est pas le cas. Je ne développerai pas les raisons pour lesquelles la distinction binaire homme/femme n'est pas si simple, etc., non seulement parce que je suis d'une nature extrêmement flemmarde, mais surtout parce que d'autres l'ont fait mieux que je ne pourrais le faire. Je recommanderais une fois encore «Pour en finir avec le sexisme», de Guillaume Carnino, un petit ouvrage très accessible sur le sujet. En ligne, le site du Support Transgenre Strasbourg donne aussi plusieurs définitions possibles de la séparation sexe/genre qui sont une base de réflexion intéressante.

En ce qui me concerne, j'ai un mal réel à définir de quel genre je suis. Politiquement, je suis contre l'importance démesurée accordée au sexe de l'individu (je veux dire, en quoi le fait que j'ai un chromosome Y[1] devrait influencer ma façon d'accorder un participe passé ? Même la couleur de peau et la religion, qui ont malheureusement eu aussi, dans l'histoire, un impact abonimable sur le destin d'un individu, n'ont pas eu droit à cet «honneur»). Dans l'absolu, j'aurais tendance à dire «ni l'un, ni l'autre, quelque chose entre les deux».

Malheureusement, cela ne permet toujours pas de répondre à la question existentielle : est-ce qu'il faut mettre un e ? Est-ce qu'il faut dire «il» ou «elle» ? Dans la langue française, et dans cette société de manière générale, la barricade du genre n'a que deux côtés. Choisis ton camp, camarade.

La vérité, c'est que je préfère «elle».

Les gens qui me connaissent dans la «vie réelle» ne me perçoivent probablement pas comme une femme, et ignorent pour leur très grande majorité qu'il puisse m'arriver de parler de moi au féminin. Je ne m'habille pas comme une femme. Je ne «vis» pas comme une femme. J'ai des loisirs qui ne sont généralement pas considérés comme des «loisirs de femme», et je n'aime pas les tâches que notre société sexiste laisse toujours échoir en majorité aux femmes. Je ne suis pas effeminée ; ou en tout cas, je ne crois pas l'être.

Pourtant, je préfère qu'on parle de moi au féminin. Je préférerais m'habiller «en femme» (en tout cas pour certains aspects) si j'avais (ou quand j'aurai) le courage d'affronter frontalement le regard de ceux qui ne supportent pas qu'il puisse y avoir quelque chose en dehors de cette binarité, et les questions de ceux qui m'ont toujours connue comme un homme ; et y compris mes propres réticences, parce qu'il n'est pas si facile de se défaire d'un quart de siècle d'éducation.

Je ne sais toujours pas si je suis, «à l'intérieur», une femme ou un homme ; à l'heure actuelle, j'aurais tendance à dire que ça n'a finalement pas grande importance. Mais s'il faut choisir, le «elle» me plaît plus que le «il»[2]. Je ne sais pas pourquoi. C'est comme ça.

Voilà, je me rends compte que j'ai réussi à écrire tout ça sans écrire une seule fois le mot «trans», donc je suppose que ça veut dire que, vraiment, pour l'instant j'assume mal ^ ^. Mais on m'a aussi demandé, une ou deux fois, si j'étais «trans'». Le problème est que trans regroupe un certain nombre de choses différentes, alors avant de répondre je préfère citer Wikipédia :

Le transsexualisme (mot formé à partir du préfixe latin trans-, dénotant la modification) est la situation dans laquelle une personne a la conviction qu'elle est du genre sexuel opposé à celui qui lui a été assigné, à sa naissance, en fonction de l'apparence de ses organes sexuels externes. ... On parle parfois aussi plus globalement de transgenre pour désigner la situation d'un individu dont l'identité sexuelle est en conflit avec celle traditionnellement attribuée aux personnes de même sexe. Mais cette utilisation du mot « transgenre » est trompeuse, car il est aussi utilisé pour désigner des personnes qui sont dans une dynamique très différente de celles des personnes transsexuelles, à savoir celle de personnes qui n'entreprennent pas (et ne veulent surtout pas entreprendre) d'opération de réattribution de sexe.

Bon, le problème c'est que les définitions tendent quelque peu à changer selon la personne qui les emploie ; personellement, je considère «transgenre» plus large que «transexuel». Je ne suis pas - à l'heure actuelle - «transexuelle», parce que je n'ai pas le sentiment profond d'être une femme (encore que, selon les moments...) et, surtout, parce que je ne «vis» pas en femme. En revanche, je me considère transgenre, parce que je ne «rentre» pas (ou mal) dans le genre masculin.

Notes

[1] Cela dit, ça ne suffit pas à determiner le sexe dans tous les cas ; il est possible d'être XX avec un sexe mâle. Il est aussi possible de naître intersexe, c'est à dire entre mâle et femelle. Comme il faut écrire «masculin ou féminin» sur l'état civil, les chirurgiens opèrent alors, quelque peu arbitrairement.

[2] Dans ce cas, on pourra sans doute me faire remarquer qu'il y a certains endroits où je parle de moi-même au masculin, notamment sur Rêveries. Il y a différentes raisons à cela ; la première est que je me pose des questions sur tout cela en ce moment, et que les réponses que je trouve maintenant ne sont pas forcément les mêmes que celles que j'avais il y a encore un mois. La seconde est que je sais qu'il y a plusieurs personnes de mon entourage qui passent de temps en temps sur ce site (et, j'espère, du coup, pas trop sur le blog ^ ^) et je préfèrerais attendre d'être un peu plus claire dans ma tête là-dessus pour leur en parler éventuellement, plutôt qu'ils ne découvent ça par hasard de leur côté et qu'ils me sortent à un repas de famille.