Pour changer un peu, voici un petit billet sur une réflexion de pourquoi j'écris ce que j'écris et qu'est-ce que j'ai envie d'écrire.

La semaine dernière, c'était les UEEH - Université Euromediterrannéenne d'Été des Homosexualités - à Marseille, et c'était vraiment très intense et intéressant. Pour ma part, c'était la première fois que je voyais que le terme LGBTI voulait vraiment dire Lesbiennes, Gays, Bis, Trans et Intersexes, et ne se limitait pas comme c'est souvent le cas aux homosexuels hommes (et bios).

Ce fut l'occasion de nouer de nombreuses discussions avec des personnes et des associations intéressantes, comme les Panthères Roses de Paris ou les Panteras Rosas du Portugal, la Guerilla Travolaka de Barcelone ou encore Act Up qu'on ne présente plus.

Voilà, c'est maintenant et malheureusement fini jusqu'à l'année prochaine. Alors je suis rentrée à mon boulot, et comme c'est dur de rebosser après une semaine de «vacances» militantes épuisantes, je suis revenue d'abord aux préoccupations plus «loisir» que «travail», comme la Fantasy et la SF.

Et du coup je trouvais que, particulièrement dans la Fantasy, on a finalement des modèles qui reproduisent en général les normes de la société. Dans la plupart des romans, le héros est un homme hétérosexuel, en général aux qualités plutôt associées à la virilité (force, autorité). Et blanc, accessoirement. Sous prétexte qu'il s'agit d'univers moyen-ageux les femmes sont très souvent invisibles, même s'il y a parfois tout de même des femmes combattantes histoire de pouvoir glisser, à l'intérieur de la bande de guerriers, une histoire d'amour qui soit hétérosexuelle.

Personnellement, en tant qu'auteure, j'ai un peu tendance à faire l'inverse. Je n'avais jamais théorisé la chose, mais je pense que c'est lié à une question de pouvoir s'identifier à un personnage. Il y a je trouve assez peu de fictions où l'on peut s'identifier à un personage homosexuel, en tout cas dans la Fantasy, mais aussi dans la Science-Fiction, le fantastique ou le policier. Le vide est encore plus important pour les trans' puisqu'en général la seule fonction est d'être un monstre psychopathe (comme dans le silence des agneaux). Même chose pour les intersexes, d'ailleurs.

Je pense que c'est un vrai manque et mon ressenti personnel concernant le fait d'être transsexuelle, c'est que globalement mes problèmes «d'identité», c'est-à-dire bêtement le fait de penser «oh mon dieu je suis trans' je suis un monstre c'est horrible» auraient pu être réduits si dans la fiction, la littérature, le cinéma etc, j'avais eu des «modèles», des personnages desquels j'aurais pu me dire «eh bien voilà, ce personnage est trans' aussi, et alors ?».

Du coup j'ai encore plus envie (enfin, disons que maintenant j'ai envie de le faire, alors qu'avant c'était un peu sans m'en rendre compte) d'orienter les textes que j'écris vers les aspects «LGBTI» - et sans doute maintenant un peu plus trans' que les autres lettres - non pas pour centrer l'histoire sur ces thématiques, parce que finalement des histoires centrés sur l'homosexualité voire la transsexualité d'un personnage il y en a, mais des histoires où on a des personnages homos, trans ou intersexes qui sont aussi autre chose que des homos, trans ou intersexes, je n'en vois pas beaucoup.

Bien sûr ce n'est pas avec les quelques dizaines de personnes qui lisent mes textes par internet que ça changera grand chose, mais bon, c'est toujours mon petit caillou apporté à l'édifice.