Rêveries

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mercredi 16 mai 2007

Un petit extrait

Même si je n'ai pas beaucoup posté ici ces derniers temps, je n'ai pas complètement arrêté d'écrire. C'est juste que je n'arrive pas à finir grand-chose, mais des débuts, j'en ai plein.

Ce début-là, je ne sais pas s'il va finir par donner quelque chose, mais après les quelques émeutes anti-Sarkozy de la semaine dernière je le trouvais dans le ton, alors histoire de meubler un peu ce blog...


Quelque part, peut-être, à moins que ça n’ait été nulle part, il y avait un pont énorme qui enjambait un fleuve de sang. La couleur rouge éclatante tranchait d’autant plus avec le reste que tout était désespérément noir ou gris : le ciel ; le pont ; les nuages ; la femme qui essayait de lutter contre le tourbillon de sang qui allait l’aspirer.

Et puis il y eut aussi, sur le parapet, une silhouette d’un noir encore plus sombre que le reste. Seuls deux yeux entièrement verts fixaient la personne qui se noyait.

« Au secours ! » hurla cette dernière.

Mais la silhouette sombre ne pouvait pas l’aider. Elle n’en avait pas le droit. Et quand bien même se serait-elle décidée à outrepasser toutes les lois qui lui étaient fixées, cela n’aurait pas été suffisant.

« S’il vous plaît... » insista la femme, qui se rapprochait inexorablement du centre du tourbillon.

La silhouette aux yeux verts haussa les épaules. Cela ne serait sans doute pas suffisant, mais même s’il n’y avait qu’une chance sur un million, est-ce que ça ne valait pas le coup d’essayer ? Cela violerait les lois, mais était-ce le bon jour pour commencer à les respecter ?

Elle tendit la main.

Vu la taille de son bras et la distance qui la séparait de la noyée, elle n’aurait jamais dû pouvoir atteindre cette dernière ; mais elle n’était pas plus disposée à respecter la loi d’Euclide que les autres.

« Et maintenant », demanda-t-elle avec une voix trop ordinaire pour son apparence obscure et surnaturelle, « quel est ton nom ? »


****

Dès qu’elle sentit l’odeur du gaz lacrymogène, Alys ouvrit son zippo et alluma la cigarette qu’elle avait dans la bouche. Ce n’était pas exactement la réaction habituelle en de telles circonstances, mais il y avait assez peu de stimuli pour lesquels elle réagissait de manière conventionnelle.

Alys était une femme plutôt grande qui avait entre vingt et trente ans, des cheveux blonds présentement recouverts d’une perruque brune qui ne lui allait pas vraiment et des yeux d’ordinaire verts, qui, à l’heure actuelle, allaient plus vers le rouge à cause du gaz, mais étaient de toute façon cachés par des lunettes de soleil.

Malgré la douleur physique, elle se sentait délicieusement bien, et terriblement excitée, un peu comme quand elle se préparait à voler des bonbons quand elle était gosse ; ou du moins, ça l’aurait excité un peu comme ça si elle s’en était souvenu.

Alys était, en effet, amnésique. Son souvenir le plus lointain remontait à quelques mois, lorsqu’elle avait ouvert les yeux sur une plage déserte. Le seul indice sur son passé était un petit tatouage, et il n’était même pas très mystérieux. Cela dit, cela ne la dérangeait pas plus que ça, et elle et n’avait jamais cherché à savoir ce qu’avait pu être sa vie avant, préférant se concentrer le présent ; même si, à l’heure actuelle, il piquait les yeux et brûlait la gorge.

Un jeune homme trébucha à quelques pas d’elle et s’écroula par terre. Il ne devait pas avoir plus de dix-sept ans et paraissait complètement paniqué par la situation. Alys l’aida à se relever et lui plaça une dosette de sérum physiologique dans la main, avant de repartir sans courir vers sa cible.

Il s’agissait d’un magasin qui vendait des ordinateurs. Un rideau de fer avait protégé la vitrine des manifestants les plus remontés, ce qui n’avait pas été le cas de la boucherie voisine, dont la vitre avait été brisée.

Heureusement, Alys n’était pas du genre à profiter de la confusion d’une manifestation tendue pour casser une vitrine au hasard. Elle avait la clé du magasin et put donc faire remonter le rideau et entrer avant que les policiers n’arrivent.

Elle fit redescendre la protection métallique, et attendit que les policiers ne chargent ; puis elle patienta encore un peu pour leur laisser le temps de s’éloigner dans une direction ou dans l’autre.

Ensuite, et alors seulement, elle brûla le magasin.

dimanche 13 mai 2007

Petite pub honteuse

Juste pour signaler à tous ceux que ça intéresserait que le site Lulu, qui permet à n'importe qui de vendre des bouquins (papiers) imprimés à la demande, fait en ce moment une petite promotion permettant d'avoir des frais de port corrects en Europe.

La conséquence c'est que, pourvu que vous mettiez votre monnaie en euro, vous pouvez acheter la version papier de «Pas tout à fait des hommes» (qui auparavant s'appelait «Elfe noire, démon rouge», pour ceux qui ne suivraient pas) pour un tout petit peu moins de 10€. Frais de port compris. (Bien sûr, vous pourriez objecter que c'est une version «bêta» qui n'a pas encore été tout à fait relue, et que de toutes façons vous pouvez le télécharger gratuitement ; vous faites donc comme vous voulez. D'ailleurs pour que ce soit moins cher dessus je ne touche aucune «royaltie», donc ce n'est pas la peine d'en acheter pour me faire plaisir.)

Pour ceux qui veulent voir la couverture (assez moche, mais bon, hein, je suis pas graphiste.) :

Sinon, la même promotion s'applique évidemment au recueil «Vers le chaos» (et aux autres bouquins présents sur Lulu, mais bon) , qui regroupe la plupart des textes impliquant Laura : «Noir & Blanc», «L'énième prophétie» et «Delirium/L'ange du chaos», ainsi que les nouvelles courtes «Anagramme» et «Vert bizarre».