Toujours debout ! Chapitre 1.17 - 1.20
Par Nera, lundi 12 février 2007 à 22:15 :: Toujours debout! - Fantasy - Erekh :: #101 :: rss
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1.17
« Merci, fit Kalia tandis que la serveuse versait de l’eau bouillante. Vous gérez cet établissement seule ?
— Oui. Ce n’est pas facile tous les jours.
— J’imagine. Vous êtes la propriétaire ?
— Oh, non. Malheureusement. Mon patron possède un certain nombre d’établissements dans Senela. Mais il refuse d’employer quelqu’un pour m’assister.
— J’espère qu’il ne nous en voudra pas trop d’avoir un peu fait peur à sa clientèle.
— Comment votre amie a fait ça ? Le type qu’elle a soulevé comme une feuille... ce n’était pas franchement un tendre !
— Et bien, répondit l’elfe en souriant, je n’ai pas le droit de vous le dire. Elle me tuerait. »
1.18
Anthony faisait les cent pas dans son bureau, tandis que Nathan Delanuit lui exposait toutes les bonnes raisons qu’il y avait à pratiquer son rituel en plein milieu de la ville.
« Le problème, expliqua le policier, c’est qu’il n’y a pas de couvre-feu. Vos morts-vivants risquent de tomber sur des gens.
— Ce ne sont pas mes morts-vivants, répliqua sèchement le mage. Écoutez, on fera ça vers minuit. Il ne devrait pas y avoir tant de monde dans les rues. Et vous pourriez instaurer un couvre-feu demain. »
Anthony grogna, et sentit qu’il avait perdu la partie.
« Si ça se passe mal, vous en endosserez la responsabilité.
— Bien sûr, capitaine. Ne vous en faites pas. Vous devriez prévenir vos hommes, il leur reste quatre heures pour se préparer. »
Quatre heures, songea le capitaine, qui lui laisseraient à peine assez de temps pour que ses hommes soient prêts. Et largement assez pour se faire un sang d’encre.
1.19
Kalia entra dans la boutique de l’herboriste dont lui avait parlée la serveuse, qui lui avait aussi raconté qu’elle s’appelait Julie, que son père était mort dans la mine six ans plus tôt, et que son frère s’était engagé dans l’armée pour « devenir un homme ». L’elfe avait un petit quelque chose qui faisait que de parfaits inconnus adoraient lui raconter leur vie.
« Bonsoir », lança-t-elle en entrant dans la boutique. Une vieille dame lui tournait le dos, occupée à ranger des fioles sur des étagères poussiéreuses. « C’est encore ouvert ?
— J’ai pas beaucoup de ma clientèle qui se couche au crépuscule, ma mignonne, répliqua l’herboriste sans se retourner. Laisse-moi deviner. Ton problème, c’est que tu n’as pas pris de précaution, et tu voudrais éviter de nous pondre un héritier ?
— Quoi ? demanda l’elfe. Euh... Non ! Non. Je n’ai pas vraiment de risques, de ce côté-là. »
La vieille dame se retourna, et plongea des yeux bleu profond dans ceux de la jeune femme, qui appliqua une tactique éprouvée dans ces cas-là, c’est-à-dire baisser la tête.
« Tu veux quoi, alors ?
— Il me faudrait quelque chose pour bien dormir, s’il vous plaît. J’ai des cauchemars.
— T’as de quoi payer ? »
L’elfe tendit les quelques pièces que lui avait données Axelle. L’herboriste les attrapa sans un mot et sortit une bouteille d’une étagère.
« Une gorgée avant de te coucher. C’est pas bon, mais ça marche.
— Merci. »
Kalia ressortit de la boutique en espérant que le médicament suffirait à lui faire passer une bonne nuit, ce qu’elle n’avait pas eu depuis une éternité. Un peu perdue dans ses pensées, elle ne remarque pas l’homme qui la bouscula légèrement.
« Je suis désolée », fit-elle sans trop savoir si c’était à elle de s’excuser ou à lui, mais partant du principe qu’être désolée ne pouvait pas faire de mal. « Je ne vous avais pas... Aïe ! »
L’homme venait de lui mordre l’épaule. Kalia parvint à le repousser, et il tituba avant de reprendre un peu son équilibre. La jeune femme opta alors pour une autre de ses tactiques éprouvées : la fuite.
1.20
D’un geste lent, sa main se tendit vers la chauve-souris qui lui tournait autour de la tête ; mais elle manquait de réflexes pour réussir à atteindre l’animal.
Elle grogna de dépit, car elle avait toujours faim. Ne sachant pas où aller, elle se dirigea tout droit.
Il se trouvait que, tout droit, il y avait la ville.
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