Rêveries

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samedi 18 novembre 2006

Pirate ! (version audio)

Histoire de m'amuser un peu avec le micro de mon baladeur mp3, je me suis amusée à lire Pirate! (surtout parce que c'est ma «nouvelle» la plus courte) et à jouer aussi un peu avec audacity au passage.

Au final, ça donne ça. Je me suis amusée à changer les «pitches» pour les différentes voix, ce qui... ne rend pas super bien, en fait. Et puis, je ne suis pas franchement douée pour ce genre de trucs, je crois :)

Toujours debout ! Chapitre 1.5 - 1.8

1.5

« Bien dormi ? demanda Axelle lorsque Kalia se réveilla.

— Non.

— C’est à cause de ta blessure ? »

L’elfe hocha la tête. Elle avait été blessée au bras, quelques jours plus tôt, mais ce n’était pas très grave.

« Non. C’est juste... des mauvais rêves. Problèmes de conscience.

— À cause de cette fille ?

— Je... oui. C’est ça.

— C’était de la légitime défense. Elle t’aurait tuée. Tu n’as pas à t’en vouloir pour ça.

— Ce n’est pas si... rationnel. Je n’avais jamais tué personne.

— Je sais. Écoute, je pense qu’il te faudrait du repos.

— Ouais.

— Je suis allée en reconnaissance ce matin. On est au bord de la forêt, et on dirait qu’il y a une ville pas très loin. Tu pourras t’y reposer. Te changer les idées. Et il faudrait qu’un médecin voit ta blessure.

— Mais il va encore falloir marcher.

— C’est le dernier jour, répliqua la démone en souriant. Promis. »

1.6

Le capitaine fut, après un quart d’heure d’attente, invité à entrer dans le bureau du bourgmestre. En plus de ce dernier, s’y trouvait un homme d’une cinquantaine d’années à la barbe blanche.

« Bonjour, capitaine. Asseyez-vous. Je vous présente Nathan Delanuit.

— Enchanté.

— Vous vous demandez sans doute pourquoi je vous ai convoqué. Bien. Il semblerait que nous ayons un grave problème. Des mineurs disent avoir vu des morts-vivants...

— Hein ?

— Des zombies, capitaine. Vous en avez déjà entendu parler, je suppose ?

— Bien sûr, monsieur.

— Il semblerait qu’ils soient passés par la montagne. On n’en connaît pas le nombre exact, mais je suppose que vous êtes au courant de l’aspect... contagieux... de leur état ?

— Oui, monsieur.

— Bien. Alors vous comprendrez qu’il faut donner la priorité maximale à cette affaire. Dans un premier temps, il faudrait fermer les portes de la ville. Nous ne voulons pas que tout le pays soit contaminé. Monsieur Delanuit vous assistera. C’est un spécialiste des morts-vivants.

— Un nécromant ? » s’étonna Anthony. Comme la sorcellerie, la nécromancie faisait partie des magies interdites.

« Oh, non, protesta le mage. Les nécromants créent des morts-vivants. Je me contente de les chasser. »

1.7

Lorsqu’elle se réveilla, elle était sous l’eau. Ne sachant ni qui, ni où elle était, elle se contenta dans un premier temps de marcher vers le bord de la rivière.

Si elle avait réfléchi, elle se serait peut-être dit qu’il était quelque peu étrange qu’elle n’ait pas besoin de respirer ; et elle aurait sans doute remarqué que, attachée à ses pieds, il y avait une lourde pierre qu’elle devait traîner.

Mais il faut dire à sa décharge qu’elle ne réfléchissait pas.

1.8

Axelle et Kalia marchèrent lentement, mais elles arrivèrent tout de même aux portes de la ville avant la tombée de la nuit.

« J’espère qu’ils vont me laisser entrer, confia l’elfe.

— J’vois pas pourquoi ils nous emmerderaient. On est des citoyennes respectables. »

Kalia ne répondit pas, jugeant qu’il ne servait à rien d’essayer d’expliquer qu’elles devaient avoir l’air quelque peu sauvage à cause de leur fuite dans les bois, du sang séché sur ses vêtements, sans compter les deux armes imposantes ressemblant vaguement à des arbalètes qu’elles transportaient.

Entrer dans la ville se révéla effectivement quelque peu problématique.

« Les portes sont formées, expliqua un des trois soldats de faction à Axelle.

— Quoi ? s’étonna cette dernière en levant les yeux. Elle m’a l’air tout à fait ouverte, votre porte.

— Euh, ben, c’est-à-dire qu’on n’a pas encore baissé la grille. Mais vous ne pouvez pas entrer. En plus, les armes sont interdites en ville.

— Ça ? demanda la jeune femme. Pas des armes, ça. Juste des souvenirs. »

Le garde grimaça, se demanda comment il devait réagir, et décida que la meilleure chose à faire était de se décharger du problème.

« Restez là. Je vais prévenir mon supérieur. »

Garçon ou fille ?

Contrairement à un certain nombre de blogs, parce que je n'aime pas parler de moi et que je trouve que l'intérêt est limité, je n'ai pas l'habitude de raconter ma vie ici ; plutôt celles de personnages imaginaires. Cependant, à titre exceptionnel, voilà un billet centré sur moi.

On m'a posé à plusieurs reprises, ces derniers temps, la question : «t'es un garçon ou une fille» ?

Si la réponse était juste une option ou l'autre, ça ne vaudrait sans doute pas la peine de faire ce billet. Le problème est que c'est un poil plus compliquée, et que, du coup, je préfère autant ne pas avoir à la réécrire à chaque fois ; surtout que la rédiger me permet de faire le point dessus moi-même.

Pour répondre crûment : j'ai un pénis. Cela paraît peut-être une réponse simple et suffisante, mais ce n'est pas le cas. Je ne développerai pas les raisons pour lesquelles la distinction binaire homme/femme n'est pas si simple, etc., non seulement parce que je suis d'une nature extrêmement flemmarde, mais surtout parce que d'autres l'ont fait mieux que je ne pourrais le faire. Je recommanderais une fois encore «Pour en finir avec le sexisme», de Guillaume Carnino, un petit ouvrage très accessible sur le sujet. En ligne, le site du Support Transgenre Strasbourg donne aussi plusieurs définitions possibles de la séparation sexe/genre qui sont une base de réflexion intéressante.

En ce qui me concerne, j'ai un mal réel à définir de quel genre je suis. Politiquement, je suis contre l'importance démesurée accordée au sexe de l'individu (je veux dire, en quoi le fait que j'ai un chromosome Y[1] devrait influencer ma façon d'accorder un participe passé ? Même la couleur de peau et la religion, qui ont malheureusement eu aussi, dans l'histoire, un impact abonimable sur le destin d'un individu, n'ont pas eu droit à cet «honneur»). Dans l'absolu, j'aurais tendance à dire «ni l'un, ni l'autre, quelque chose entre les deux».

Malheureusement, cela ne permet toujours pas de répondre à la question existentielle : est-ce qu'il faut mettre un e ? Est-ce qu'il faut dire «il» ou «elle» ? Dans la langue française, et dans cette société de manière générale, la barricade du genre n'a que deux côtés. Choisis ton camp, camarade.

La vérité, c'est que je préfère «elle».

Les gens qui me connaissent dans la «vie réelle» ne me perçoivent probablement pas comme une femme, et ignorent pour leur très grande majorité qu'il puisse m'arriver de parler de moi au féminin. Je ne m'habille pas comme une femme. Je ne «vis» pas comme une femme. J'ai des loisirs qui ne sont généralement pas considérés comme des «loisirs de femme», et je n'aime pas les tâches que notre société sexiste laisse toujours échoir en majorité aux femmes. Je ne suis pas effeminée ; ou en tout cas, je ne crois pas l'être.

Pourtant, je préfère qu'on parle de moi au féminin. Je préférerais m'habiller «en femme» (en tout cas pour certains aspects) si j'avais (ou quand j'aurai) le courage d'affronter frontalement le regard de ceux qui ne supportent pas qu'il puisse y avoir quelque chose en dehors de cette binarité, et les questions de ceux qui m'ont toujours connue comme un homme ; et y compris mes propres réticences, parce qu'il n'est pas si facile de se défaire d'un quart de siècle d'éducation.

Je ne sais toujours pas si je suis, «à l'intérieur», une femme ou un homme ; à l'heure actuelle, j'aurais tendance à dire que ça n'a finalement pas grande importance. Mais s'il faut choisir, le «elle» me plaît plus que le «il»[2]. Je ne sais pas pourquoi. C'est comme ça.

Voilà, je me rends compte que j'ai réussi à écrire tout ça sans écrire une seule fois le mot «trans», donc je suppose que ça veut dire que, vraiment, pour l'instant j'assume mal ^ ^. Mais on m'a aussi demandé, une ou deux fois, si j'étais «trans'». Le problème est que trans regroupe un certain nombre de choses différentes, alors avant de répondre je préfère citer Wikipédia :

Le transsexualisme (mot formé à partir du préfixe latin trans-, dénotant la modification) est la situation dans laquelle une personne a la conviction qu'elle est du genre sexuel opposé à celui qui lui a été assigné, à sa naissance, en fonction de l'apparence de ses organes sexuels externes. ... On parle parfois aussi plus globalement de transgenre pour désigner la situation d'un individu dont l'identité sexuelle est en conflit avec celle traditionnellement attribuée aux personnes de même sexe. Mais cette utilisation du mot « transgenre » est trompeuse, car il est aussi utilisé pour désigner des personnes qui sont dans une dynamique très différente de celles des personnes transsexuelles, à savoir celle de personnes qui n'entreprennent pas (et ne veulent surtout pas entreprendre) d'opération de réattribution de sexe.

Bon, le problème c'est que les définitions tendent quelque peu à changer selon la personne qui les emploie ; personellement, je considère «transgenre» plus large que «transexuel». Je ne suis pas - à l'heure actuelle - «transexuelle», parce que je n'ai pas le sentiment profond d'être une femme (encore que, selon les moments...) et, surtout, parce que je ne «vis» pas en femme. En revanche, je me considère transgenre, parce que je ne «rentre» pas (ou mal) dans le genre masculin.

Notes

[1] Cela dit, ça ne suffit pas à determiner le sexe dans tous les cas ; il est possible d'être XX avec un sexe mâle. Il est aussi possible de naître intersexe, c'est à dire entre mâle et femelle. Comme il faut écrire «masculin ou féminin» sur l'état civil, les chirurgiens opèrent alors, quelque peu arbitrairement.

[2] Dans ce cas, on pourra sans doute me faire remarquer qu'il y a certains endroits où je parle de moi-même au masculin, notamment sur Rêveries. Il y a différentes raisons à cela ; la première est que je me pose des questions sur tout cela en ce moment, et que les réponses que je trouve maintenant ne sont pas forcément les mêmes que celles que j'avais il y a encore un mois. La seconde est que je sais qu'il y a plusieurs personnes de mon entourage qui passent de temps en temps sur ce site (et, j'espère, du coup, pas trop sur le blog ^ ^) et je préfèrerais attendre d'être un peu plus claire dans ma tête là-dessus pour leur en parler éventuellement, plutôt qu'ils ne découvent ça par hasard de leur côté et qu'ils me sortent à un repas de famille.