Rêveries

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dimanche 19 novembre 2006

Toujours debout ! Chapitre 1.9 - 1.12

1.9

« Bon, fit Anthony. Mes hommes ont fermé les portes, ou sont en train de le faire. Sauf celle du Nord.

— Très bien, capitaine. La sécurité de la mine va s’assurer qu’aucun de ces monstres ne passe par la montagne. Pas de problème avec la porte nord. »

Anthony grimaça. Il avait tout fait pour limiter le nombre d’armes qui circulaient en ville, mais la mine avait toujours une petite milice privée, dont le bourgmestre justifiait l’existence par les possibilités d’attaques par la montagne. Anthony avait toujours trouvé cet argument léger.

Enfin, jusqu’à l’apparition de ces morts-vivants.

« Bon, reprit le capitaine. Et qu’est-ce que vous attendez de moi, maintenant ?

— À présent que la ville est fermée, il faut éliminer les morts-vivants. Pour faire bref, je compte lancer un rituel qui va les attirer et les forcer à sortir. Vos hommes n’auront qu’à les abattre et...

— Capitaine ? interrompit un garde sur le pas de la porte.

— Oui, sergent ?

— Nous avons un problème à la porte de l’Ouest. Deux femmes armées insistent pour entrer.

— Expliquez-leur que si elles entrent, elle ne pourront pas sortir avant plusieurs jours. Si elles insistent, laissez-les passer, mais prenez leurs armes.

— C’est que, euh... J’ai peur qu’elles ne se laissent pas faire.

— D’accord, soupira Anthony. Je vais venir avec vous. »

1.10

Elle était maintenant sortie de l’eau. Elle ne savait toujours ni où, ni qui elle était, mais elle ne se le demanda pas.

Elle réalisa tout de même après plusieurs minutes que la pierre attachée à son pied la gênait, et parvint avec difficulté à s’en libérer.

Ensuite, elle eut faim.

1.11

« Ce sont elles, capitaine.

— Bien. Il y a un problème, mesdemoiselles ? »

Axelle leva la tête. Elle s’était assise sur un petit muret, à côté de Kalia, cette dernière l’ayant convaincue de prendre son mal en patience.

« Le problème, c’est que vos hommes ne nous laissent pas entrer.

— Axelle ?

— On se connaît ?

— C’est Anthony », fit le capitaine en tendant une main, que la jeune femme serra au bout de quelques secondes. « On s’est battu ensemble dans le Nord.

— Oh... euh... oui, fit Axelle en tentant de se remémorer sa brève carrière militaire. Désolée, je n’ai pas une très bonne mémoire des visages.

— On ne s’est pas beaucoup vu, cela dit. Mais, comme vous étiez la seule femme, cela marque. Sans compter votre style très particulier.

— Euh... Oui. Sinon, elle c’est Kalia.

— Enchanté. Je dois vous dire que les portes vont être fermées pendant quelques jours. Vous pouvez entrer, mais vous ne pourrez pas ressortir tout de suite.

— Pourquoi cela ? demanda l’elfe.

— On recherche un voleur », répondit Anthony sans hésitation. C’était la version officielle. Devoir mentir à la population ne lui plaisait pas beaucoup, car il estimait qu’il serait utile de prévenir les gens pour limiter les risques, mais le bourgmestre avait été très clair.

« Il y a un médecin en ville ? demanda Axelle.

— Bien sûr. Plusieurs, même.

— Alors, ça ne devrait pas être un problème.

– Vous allez devoir me laisser vos armes, aussi. »

Il y eut quelques instants de silence pesant, pendant lequel la température chuta sensiblement.

« Les armes sont interdites en ville », expliqua le capitaine.

Axelle soupira, puis fit signe à Anthony de la suivre un peu à l’écart.

« Il y a un problème, murmura-t-elle. Elles sont un peu... spéciales. On ne voudrait pas que quelqu’un tombe dessus.

— Je ne suis pas sûr de comprendre. Mais est-ce que ça irait si je les laissais chez moi ? Personne n’y toucherait. Et vous pourriez passer demain pour que je vous fasse un permis.

— Ça me paraît surtout une bonne façon d’amener une jolie fille à venir chez toi, répliqua Axelle en souriant. Mais c’est d’accord. »

1.12

Elle attrapa la couleuvre avec ses mains et croqua dedans alors qu’elle était toujours vivante.

Ce n’était pas très bon, mais cela eut au moins le mérite de lui éclaircir un tout petit peu les idées.

C’est-à-dire qu’elle ne savait toujours pas qui elle était, mais elle en était maintenant vaguement consciente.

samedi 18 novembre 2006

Pirate ! (version audio)

Histoire de m'amuser un peu avec le micro de mon baladeur mp3, je me suis amusée à lire Pirate! (surtout parce que c'est ma «nouvelle» la plus courte) et à jouer aussi un peu avec audacity au passage.

Au final, ça donne ça. Je me suis amusée à changer les «pitches» pour les différentes voix, ce qui... ne rend pas super bien, en fait. Et puis, je ne suis pas franchement douée pour ce genre de trucs, je crois :)

Toujours debout ! Chapitre 1.5 - 1.8

1.5

« Bien dormi ? demanda Axelle lorsque Kalia se réveilla.

— Non.

— C’est à cause de ta blessure ? »

L’elfe hocha la tête. Elle avait été blessée au bras, quelques jours plus tôt, mais ce n’était pas très grave.

« Non. C’est juste... des mauvais rêves. Problèmes de conscience.

— À cause de cette fille ?

— Je... oui. C’est ça.

— C’était de la légitime défense. Elle t’aurait tuée. Tu n’as pas à t’en vouloir pour ça.

— Ce n’est pas si... rationnel. Je n’avais jamais tué personne.

— Je sais. Écoute, je pense qu’il te faudrait du repos.

— Ouais.

— Je suis allée en reconnaissance ce matin. On est au bord de la forêt, et on dirait qu’il y a une ville pas très loin. Tu pourras t’y reposer. Te changer les idées. Et il faudrait qu’un médecin voit ta blessure.

— Mais il va encore falloir marcher.

— C’est le dernier jour, répliqua la démone en souriant. Promis. »

1.6

Le capitaine fut, après un quart d’heure d’attente, invité à entrer dans le bureau du bourgmestre. En plus de ce dernier, s’y trouvait un homme d’une cinquantaine d’années à la barbe blanche.

« Bonjour, capitaine. Asseyez-vous. Je vous présente Nathan Delanuit.

— Enchanté.

— Vous vous demandez sans doute pourquoi je vous ai convoqué. Bien. Il semblerait que nous ayons un grave problème. Des mineurs disent avoir vu des morts-vivants...

— Hein ?

— Des zombies, capitaine. Vous en avez déjà entendu parler, je suppose ?

— Bien sûr, monsieur.

— Il semblerait qu’ils soient passés par la montagne. On n’en connaît pas le nombre exact, mais je suppose que vous êtes au courant de l’aspect... contagieux... de leur état ?

— Oui, monsieur.

— Bien. Alors vous comprendrez qu’il faut donner la priorité maximale à cette affaire. Dans un premier temps, il faudrait fermer les portes de la ville. Nous ne voulons pas que tout le pays soit contaminé. Monsieur Delanuit vous assistera. C’est un spécialiste des morts-vivants.

— Un nécromant ? » s’étonna Anthony. Comme la sorcellerie, la nécromancie faisait partie des magies interdites.

« Oh, non, protesta le mage. Les nécromants créent des morts-vivants. Je me contente de les chasser. »

1.7

Lorsqu’elle se réveilla, elle était sous l’eau. Ne sachant ni qui, ni où elle était, elle se contenta dans un premier temps de marcher vers le bord de la rivière.

Si elle avait réfléchi, elle se serait peut-être dit qu’il était quelque peu étrange qu’elle n’ait pas besoin de respirer ; et elle aurait sans doute remarqué que, attachée à ses pieds, il y avait une lourde pierre qu’elle devait traîner.

Mais il faut dire à sa décharge qu’elle ne réfléchissait pas.

1.8

Axelle et Kalia marchèrent lentement, mais elles arrivèrent tout de même aux portes de la ville avant la tombée de la nuit.

« J’espère qu’ils vont me laisser entrer, confia l’elfe.

— J’vois pas pourquoi ils nous emmerderaient. On est des citoyennes respectables. »

Kalia ne répondit pas, jugeant qu’il ne servait à rien d’essayer d’expliquer qu’elles devaient avoir l’air quelque peu sauvage à cause de leur fuite dans les bois, du sang séché sur ses vêtements, sans compter les deux armes imposantes ressemblant vaguement à des arbalètes qu’elles transportaient.

Entrer dans la ville se révéla effectivement quelque peu problématique.

« Les portes sont formées, expliqua un des trois soldats de faction à Axelle.

— Quoi ? s’étonna cette dernière en levant les yeux. Elle m’a l’air tout à fait ouverte, votre porte.

— Euh, ben, c’est-à-dire qu’on n’a pas encore baissé la grille. Mais vous ne pouvez pas entrer. En plus, les armes sont interdites en ville.

— Ça ? demanda la jeune femme. Pas des armes, ça. Juste des souvenirs. »

Le garde grimaça, se demanda comment il devait réagir, et décida que la meilleure chose à faire était de se décharger du problème.

« Restez là. Je vais prévenir mon supérieur. »

Garçon ou fille ?

Contrairement à un certain nombre de blogs, parce que je n'aime pas parler de moi et que je trouve que l'intérêt est limité, je n'ai pas l'habitude de raconter ma vie ici ; plutôt celles de personnages imaginaires. Cependant, à titre exceptionnel, voilà un billet centré sur moi.

On m'a posé à plusieurs reprises, ces derniers temps, la question : «t'es un garçon ou une fille» ?

Si la réponse était juste une option ou l'autre, ça ne vaudrait sans doute pas la peine de faire ce billet. Le problème est que c'est un poil plus compliquée, et que, du coup, je préfère autant ne pas avoir à la réécrire à chaque fois ; surtout que la rédiger me permet de faire le point dessus moi-même.

Pour répondre crûment : j'ai un pénis. Cela paraît peut-être une réponse simple et suffisante, mais ce n'est pas le cas. Je ne développerai pas les raisons pour lesquelles la distinction binaire homme/femme n'est pas si simple, etc., non seulement parce que je suis d'une nature extrêmement flemmarde, mais surtout parce que d'autres l'ont fait mieux que je ne pourrais le faire. Je recommanderais une fois encore «Pour en finir avec le sexisme», de Guillaume Carnino, un petit ouvrage très accessible sur le sujet. En ligne, le site du Support Transgenre Strasbourg donne aussi plusieurs définitions possibles de la séparation sexe/genre qui sont une base de réflexion intéressante.

En ce qui me concerne, j'ai un mal réel à définir de quel genre je suis. Politiquement, je suis contre l'importance démesurée accordée au sexe de l'individu (je veux dire, en quoi le fait que j'ai un chromosome Y[1] devrait influencer ma façon d'accorder un participe passé ? Même la couleur de peau et la religion, qui ont malheureusement eu aussi, dans l'histoire, un impact abonimable sur le destin d'un individu, n'ont pas eu droit à cet «honneur»). Dans l'absolu, j'aurais tendance à dire «ni l'un, ni l'autre, quelque chose entre les deux».

Malheureusement, cela ne permet toujours pas de répondre à la question existentielle : est-ce qu'il faut mettre un e ? Est-ce qu'il faut dire «il» ou «elle» ? Dans la langue française, et dans cette société de manière générale, la barricade du genre n'a que deux côtés. Choisis ton camp, camarade.

La vérité, c'est que je préfère «elle».

Les gens qui me connaissent dans la «vie réelle» ne me perçoivent probablement pas comme une femme, et ignorent pour leur très grande majorité qu'il puisse m'arriver de parler de moi au féminin. Je ne m'habille pas comme une femme. Je ne «vis» pas comme une femme. J'ai des loisirs qui ne sont généralement pas considérés comme des «loisirs de femme», et je n'aime pas les tâches que notre société sexiste laisse toujours échoir en majorité aux femmes. Je ne suis pas effeminée ; ou en tout cas, je ne crois pas l'être.

Pourtant, je préfère qu'on parle de moi au féminin. Je préférerais m'habiller «en femme» (en tout cas pour certains aspects) si j'avais (ou quand j'aurai) le courage d'affronter frontalement le regard de ceux qui ne supportent pas qu'il puisse y avoir quelque chose en dehors de cette binarité, et les questions de ceux qui m'ont toujours connue comme un homme ; et y compris mes propres réticences, parce qu'il n'est pas si facile de se défaire d'un quart de siècle d'éducation.

Je ne sais toujours pas si je suis, «à l'intérieur», une femme ou un homme ; à l'heure actuelle, j'aurais tendance à dire que ça n'a finalement pas grande importance. Mais s'il faut choisir, le «elle» me plaît plus que le «il»[2]. Je ne sais pas pourquoi. C'est comme ça.

Voilà, je me rends compte que j'ai réussi à écrire tout ça sans écrire une seule fois le mot «trans», donc je suppose que ça veut dire que, vraiment, pour l'instant j'assume mal ^ ^. Mais on m'a aussi demandé, une ou deux fois, si j'étais «trans'». Le problème est que trans regroupe un certain nombre de choses différentes, alors avant de répondre je préfère citer Wikipédia :

Le transsexualisme (mot formé à partir du préfixe latin trans-, dénotant la modification) est la situation dans laquelle une personne a la conviction qu'elle est du genre sexuel opposé à celui qui lui a été assigné, à sa naissance, en fonction de l'apparence de ses organes sexuels externes. ... On parle parfois aussi plus globalement de transgenre pour désigner la situation d'un individu dont l'identité sexuelle est en conflit avec celle traditionnellement attribuée aux personnes de même sexe. Mais cette utilisation du mot « transgenre » est trompeuse, car il est aussi utilisé pour désigner des personnes qui sont dans une dynamique très différente de celles des personnes transsexuelles, à savoir celle de personnes qui n'entreprennent pas (et ne veulent surtout pas entreprendre) d'opération de réattribution de sexe.

Bon, le problème c'est que les définitions tendent quelque peu à changer selon la personne qui les emploie ; personellement, je considère «transgenre» plus large que «transexuel». Je ne suis pas - à l'heure actuelle - «transexuelle», parce que je n'ai pas le sentiment profond d'être une femme (encore que, selon les moments...) et, surtout, parce que je ne «vis» pas en femme. En revanche, je me considère transgenre, parce que je ne «rentre» pas (ou mal) dans le genre masculin.

Notes

[1] Cela dit, ça ne suffit pas à determiner le sexe dans tous les cas ; il est possible d'être XX avec un sexe mâle. Il est aussi possible de naître intersexe, c'est à dire entre mâle et femelle. Comme il faut écrire «masculin ou féminin» sur l'état civil, les chirurgiens opèrent alors, quelque peu arbitrairement.

[2] Dans ce cas, on pourra sans doute me faire remarquer qu'il y a certains endroits où je parle de moi-même au masculin, notamment sur Rêveries. Il y a différentes raisons à cela ; la première est que je me pose des questions sur tout cela en ce moment, et que les réponses que je trouve maintenant ne sont pas forcément les mêmes que celles que j'avais il y a encore un mois. La seconde est que je sais qu'il y a plusieurs personnes de mon entourage qui passent de temps en temps sur ce site (et, j'espère, du coup, pas trop sur le blog ^ ^) et je préfèrerais attendre d'être un peu plus claire dans ma tête là-dessus pour leur en parler éventuellement, plutôt qu'ils ne découvent ça par hasard de leur côté et qu'ils me sortent à un repas de famille.

mercredi 15 novembre 2006

Toujours debout ! Chapitre 1.1 - 1.4

1.1

Elle mourut.

1.2

Le lapin passa la tête derrière le buisson, vérifia qu’il n’y avait pas de prédateurs, et courut vers la rivière pour se désaltérer.

Il mourut, aussi.

1.3

Axelle attrapa par les oreilles le lapin dont elle venait de rompre le cou et retourna vers le campement, terme qui était quelque peu superfétatoire pour désigner un feu mal entretenu et un morceau de toile accroché à deux branches qui ne méritait vraiment pas l’appellation de tente.

Kalia était assise à côté de la flamme, le regard vide. Axelle lui montra fièrement le lapin qu’elle avait attrapé, mais cela ne déclencha pas de réaction. La chasseuse se contenta donc de hausser les épaules, habituée à l’humeur maussade de son amie, et entreprit de faire cuire un peu de viande, ce qui fut quelque peu compliqué car elle ne s’était jamais amusée à faire ce genre de choses sur un animal entier, étant plutôt habituée à acheter les morceaux déjà coupés voire cuits.

Si Axelle et Kalia se trouvaient présentement dans une forêt d’Erekh dont elles ignoraient jusqu’au nom, ce n’était pas par amour de la nature, ni par soif d’aventure, mais parce qu’elles avaient dû quitter le pays voisin de manière quelque peu précipitée après ce qu’Axelle appelait pudiquement une révolution manquée.

Axelle était une jeune femme aux cheveux noirs qui se trouvait aussi être un « démon à la retraite », ce qui était surtout un euphémisme pour parler de déchéance, car « démon déchu », cela commençait à faire vraiment bas.

Kalia, quant à elle, était une elfe sensiblement moins gracieuse que la moyenne ; seules ses oreilles faisaient véritablement elfiques, mais elles étaient cachées par ses cheveux, qui étaient d’ailleurs présentement fort sales.

Axelle et Kalia étaient amies ; ce qui était là encore un euphémisme pour dire « amantes », d’abord parce que deux femmes amies déclenchaient moins de réactions hostiles que deux femmes amantes, et ensuite parce que ce dernier terme se rapportait à amour, et, à la retraite ou pas, il y a des termes qu’un démon n’admet pas facilement.

1.4

« Bon », fit Anthony, capitaine de la garde de Senela, en allumant une cigarette. « Quelle est la situation ?

— On a une prise d’otages dans l’épicerie. Le forcené a une arbalète, et peut-être aussi un couteau. Il y a un couple et une gamine à l’intérieur. Le sergent Mayer est monté sur le toit d’en face, il dit avoir un angle de tir...

— Dites lui de ne rien faire, et de ne pas se montrer. Je n’ai aucune envie que notre type se mette à paniquer. Je vais aller lui parler.

— Sauf votre respect, capitaine, je trouve que...

— Je vais aller lui parler, répéta le capitaine en lui tendant son épée. Sans arme. Ça va bien se passer. »

Il s’approcha lentement du bâtiment, autour duquel une demi-douzaine de gardes armées attendaient avec anxiété la suite des événements.

« Je vais entrer, annonça-t-il d’une voix forte. Je ne suis pas armé. »

Sans attendre de réponse, il ouvrit la porte, avec prudence passa la tête à l’intérieur, puis entra.

« Fermez cette porte !

— Pas de problème, répondit le capitaine en obéissant. Écoutez, c’est quoi votre nom ?

— Thomas.

— Thomas. Écoutez, Thomas, si vous commenciez par m’expliquer ce que vous voulez ? Je suis sûr qu’on peut arranger tout cela de manière pacifique.

— Vous dites ça ! Mais vous allez me descendre dans le dos !

— Je vous promets que non », répondit calmement Anthony en dévisageant l’homme. Il n’était plus tout jeune, paraissait paniqué, et n’avait à la main qu’une arbalète de qualité misérable à laquelle seul un désespéré aurait fait confiance. « Qu’est-ce que vous voulez ?

— Je veux juste... de l’argent ? » demanda l’homme timidement, avant de répondre, plus menaçant : « Ouais ! C’est ça ! De l’argent ! »

Anthony soupira. Au final, on en revenait toujours à ça.

« Pourquoi avez-vous besoin de cet argent ? demanda-t-il.

— Qu’est-ce que ça peut vous foutre ? Je...

— Vous ?

— Vous savez... C’est depuis... Vous savez... L’accident. »

Anthony hocha la tête tandis que l’homme lui racontait son histoire. Tout le monde avait entendu parler de « l’accident ». Six ans avant, une partie de la mine s’était effondrée, tuant près de la moitié des mineurs. Les survivants étaient rentrés chez eux anéantis, traumatisés, et sans emploi.

La mine avait fini par rouvrir, mais elle n’employait plus de gens de Senela ; uniquement des nains, qu’on ne voyait jamais en ville.

Les affaires avaient prospéré, mais cela n’avait servi qu’à quelques-uns des habitants. Beaucoup d’autres tentaient de survivre sans travail, et devaient mendier, vendre leurs corps, ou avoir recours à des méthodes plus musclées.

« Vous comprenez ? » sanglota le preneur d’otages nommé Thomas, qui avait baissé son arme. « Ma femme, elle...

— Je comprends, fit doucement Anthony.

— Non ! » répliqua subitement l’homme en relevant l’arbalète. « Vous ne cherchez qu’à... »

Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase, car un carreau s’était logé dans sa gorge. Après un gargouillement horrible, il s’écroula sans grâce sur le sol.

« Merde », jura le capitaine en s’agenouillant. Mais le preneur d’otages n’était déjà plus qu’un cadavre.


*****

Lorsqu’il ressortit de l’épicerie, le capitaine Anthony se sentait terriblement vieux et fatigué.

« Vous allez bien ? demanda un sergent. Mayer a dit qu’il allait vous...

— Je vais bien, coupa Anthony. Je veux juste... être un peu seul.

— Bien, mon capitaine. »

Il n’avait que trente-quatre ans, songea-t-il en s’adossant contre un mur. Il était parti de son village à dix-huit pour s’engager dans l’armée, espérant y trouver la gloire et l’excitation. Il n’avait vu que le sang et la mort.

Des années plus tard, un général avec qui il avait sympathisé lui avait trouvé ce poste de capitaine de la garde. Il avait espéré que ce serait plus calme, mais il n’y avait toujours que la mort, le sang, et la misère, qu’il supportait de moins en moins.

Et le pire, c’est que ce n’était que le début de la journée.

Quelques nouvelles... bis.

Je dois avouer que j'ai un petit problème avec ce «blog». Principalement, qu'au départ, ce n'en était pas un.

Le but à l'origine était de publier un roman par épisodes. Cela a été fait, et ce roman est achevé (enfin, globalement).

J'ai fait le choix, plutôt que de fermer ce site, de le transformer en «vrai» blog, c'est-à-dire de parler de Fantasy, via ce que j'écris et ce que je lis. Je n'ai pas trop débordé de ce cadre, je pense.

L'ennui, c'est que, à un certain nombre d'endroits (relativement peu élevé, soyons franc), ce site est toujours référencé comme «Elfe noire, démon rouge, histoire médiévale-fantastique en série», ou quelque chose d'approchant.

Cela m'embête du point de vue des visiteurs, qui pourraient arriver ici et ne pas trouver ce qu'ils s'attendent à trouver. Je pense donc résoudre ce problème d'une façon simple : en commençant, dès maintenant, à diffuser la suite d'«Elfe noire, démon rouge». Je ne pense pas qu'il y aura des mises à jour très fréquentes ; mais je pense que cela aura l'avantage de correspondre un tout petit peu à la description, et, surtout, de me forcer à écrire un peu plus régulièrement.

Avant de mettre en ligne le début de ce roman, quelques précisions :

Synopsis

Il s'agit d'une histoire de zombies dans un monde de fantasy.

Périodicité

Chaotique

Licence

Contrairement à tous les textes que j'ai mis en ligne précedemment, «Toujours debout!» n'est pas libre. Vous n'avez pas le droit de le rediffuser et de le modifier sans mon accord.

Ce n'est pas définitif. Simplement je veux juste pouvoir décider, une fois qu'il sera terminé, de pouvoir ou pas le soumettre à un véritable éditeur, ce qui ne serait pas possible s'il était déjà publié sous licence libre.

Je pense que pour l'ultra-majorité des lecteurs potentiels, cela ne change strictement rien, mais je préfère être précise :)

mercredi 8 novembre 2006

Quelques nouvelles...

Et par nouvelles j'entends par là au sens «nouveautés» et pas «petites histoires», vu que je ne crois pas en avoir encore à présenter en ce moment.

Toujours debout !

«Toujours debout !» (titre pas encore définitif) est un projet de roman se déroulant un peu après Elfe noire, Démon rouge et impliquant également Kalia et Axelle (qui, peur ceux qui ne seraient pas au courant, sont les héroïnes de ce roman). Je vous livre le premier chapitre dans son intégralité :

Elle mourut

Ah, ben, j'ai pas dit que c'était très long. Sérieusement, je n'ai pas beaucoup avancé pour le moment, mais il est possible que je mette des extraits un peu plus longs dans pas trop longtemps. Voire que je refasse une rubrique «régulière» épisodes ; à voir.

En tout cas, ce roman parlera de zombies (pour faire très bref : nos deux héroïnes débarquent dans une ville au moment où celle-ci est envahie de zombies ; tandis que Kalia se fait bêtement mordre et commence à devenir mort-vivante, Axelle combat les non-morts). Je pense que le fait de limiter l'action permettra d'éviter certaines «erreurs» commises dans «Elfe noire, démon rouge», c'est-à-dire qu'il se passe peut-être trop de choses à trop d'endroits pour permettre une vraie description. Là, je compte bien respecter les règles d'unité narratives machin truc : un seul lieu, une durée de temps réduite (3-4 jours), un seul sujet (les zombies).

Ça paraît peut-être plus limité, mais je cerne à peu près le projet (tandis que pour EnDr, au moment d'écrire l'épilogue c'était pas tout encore tout à fait le cas) et il me plaît.

Buveur décent

J'ai aussi un projet beaucoup plus modeste mais, bizarrement, tout aussi, voire plus, bloqué, impliquant une nouvelle avec William (qui est aussi, toujours pour ceux qui ne suivent pas, un personnage de Elfe noire, Démon rouge), et qui raconterait comment il est devenu vampire. Ce serait plutôt humoristique, et j'ai même un début, mais malheureusement pas encore la fin.

Sans titre pour l'instant

Finalement, j'ai un troisième projet, dont j'avais déjà parlé il y a deux posts, où l'héroîne serait Alysse. Le problème est que j'ai un personnage principal qui me plaît bien, quelques personnages secondaires intéressants, mais pas d'histoires. Le dernier synopsis auquel je pensais était un truc comme :

  • Alysse, qui a notamment les particularités d'être trans et anarchiste, est aussi la fille d'un riche patron qui décède. D'où réunion de famille marrante en perspective pour l'enterrement du papa.
  • En plus le papa a été assassiné, d'où enquête et tout où notre héroïne est à la fois la première suspecte et une enquêtrice amateure.
  • Une, ou peut-être un, membre des RG infiltré dans une organisation d'extrême-gauche a un rôle quelque part.
  • Laura aussi, et elle apparaît à Alysse en rêve.
  • J'avais même pensé faire apparaître Gabriel, de Loser, voire... Kalia (dans ce cas ça se passerait dans un monde Urban-fantasy, et Kalia aurait plus de 300 ans).

Bref, c'est le bordel, et il vaut mieux que je laisse décanter pour virer des idées, même si ça m'enthousiasme vachement, parce que sinon ça va être du grand n'importe quoi.

(À noter que j'avais déjà écrite une nouvelle pas terrible (en tout cas, elle s'est faite refuser à l'appel à textes CeZaMe) avec cette héroïne, ou en tout cas une avec le même nom et qui lui ressemble ; j'essaierai de la publier un de ces quatre ici, mais faudra que je la retouche avant)

Elfe noire, Démon rouge

Pour finir, vu que je n'arrête pas de parler de ce que je compte faire maintenant que j'ai terminé ce roman, et bien, il serait temps que je le termine vraiment :)

J'ai tout de même relativement avancé sur la relecture, c'est-à-dire qu'il y a deux aimables personnes sur Les parrains de la plume qui ont relu méthodiquement. Il me reste à prendre en compte certaines remarques de fond et à changer certaines choses, maintenant que j'ai un peu plus de recul dessus.

J'espère toujours «vendre» ce roman via Lulu et probablement au moins Amazon. Il est déjà possible de commander des versions papiers «bêta» - que je recommande surtout pour la relecture. Il me reste quand même , en plus des relectures à faire, à régler le problème de la couverture (je ne peux pas trop me permettre de payer un véritable graphiste). Mais j'espère pouvoir proposer une version papier «de qualité» d'ici mi-2007, même si je doute qu'il y aura beaucoup de ventes :)