dimanche 19 novembre 2006
Toujours debout ! Chapitre 1.9 - 1.12
Par Nera, dimanche 19 novembre 2006 à 22:00 :: Toujours debout!
1.9
« Bon, fit Anthony. Mes hommes ont fermé les portes, ou sont en train de le faire. Sauf celle du Nord.
— Très bien, capitaine. La sécurité de la mine va s’assurer qu’aucun de ces monstres ne passe par la montagne. Pas de problème avec la porte nord. »
Anthony grimaça. Il avait tout fait pour limiter le nombre d’armes qui circulaient en ville, mais la mine avait toujours une petite milice privée, dont le bourgmestre justifiait l’existence par les possibilités d’attaques par la montagne. Anthony avait toujours trouvé cet argument léger.
Enfin, jusqu’à l’apparition de ces morts-vivants.
« Bon, reprit le capitaine. Et qu’est-ce que vous attendez de moi, maintenant ?
— À présent que la ville est fermée, il faut éliminer les morts-vivants. Pour faire bref, je compte lancer un rituel qui va les attirer et les forcer à sortir. Vos hommes n’auront qu’à les abattre et...
— Capitaine ? interrompit un garde sur le pas de la porte.
— Oui, sergent ?
— Nous avons un problème à la porte de l’Ouest. Deux femmes armées insistent pour entrer.
— Expliquez-leur que si elles entrent, elle ne pourront pas sortir avant plusieurs jours. Si elles insistent, laissez-les passer, mais prenez leurs armes.
— C’est que, euh... J’ai peur qu’elles ne se laissent pas faire.
— D’accord, soupira Anthony. Je vais venir avec vous. »
1.10
Elle était maintenant sortie de l’eau. Elle ne savait toujours ni où, ni qui elle était, mais elle ne se le demanda pas.
Elle réalisa tout de même après plusieurs minutes que la pierre attachée à son pied la gênait, et parvint avec difficulté à s’en libérer.
Ensuite, elle eut faim.
1.11
« Ce sont elles, capitaine.
— Bien. Il y a un problème, mesdemoiselles ? »
Axelle leva la tête. Elle s’était assise sur un petit muret, à côté de Kalia, cette dernière l’ayant convaincue de prendre son mal en patience.
« Le problème, c’est que vos hommes ne nous laissent pas entrer.
— Axelle ?
— On se connaît ?
— C’est Anthony », fit le capitaine en tendant une main, que la jeune femme serra au bout de quelques secondes. « On s’est battu ensemble dans le Nord.
— Oh... euh... oui, fit Axelle en tentant de se remémorer sa brève carrière militaire. Désolée, je n’ai pas une très bonne mémoire des visages.
— On ne s’est pas beaucoup vu, cela dit. Mais, comme vous étiez la seule femme, cela marque. Sans compter votre style très particulier.
— Euh... Oui. Sinon, elle c’est Kalia.
— Enchanté. Je dois vous dire que les portes vont être fermées pendant quelques jours. Vous pouvez entrer, mais vous ne pourrez pas ressortir tout de suite.
— Pourquoi cela ? demanda l’elfe.
— On recherche un voleur », répondit Anthony sans hésitation. C’était la version officielle. Devoir mentir à la population ne lui plaisait pas beaucoup, car il estimait qu’il serait utile de prévenir les gens pour limiter les risques, mais le bourgmestre avait été très clair.
« Il y a un médecin en ville ? demanda Axelle.
— Bien sûr. Plusieurs, même.
— Alors, ça ne devrait pas être un problème.
– Vous allez devoir me laisser vos armes, aussi. »
Il y eut quelques instants de silence pesant, pendant lequel la température chuta sensiblement.
« Les armes sont interdites en ville », expliqua le capitaine.
Axelle soupira, puis fit signe à Anthony de la suivre un peu à l’écart.
« Il y a un problème, murmura-t-elle. Elles sont un peu... spéciales. On ne voudrait pas que quelqu’un tombe dessus.
— Je ne suis pas sûr de comprendre. Mais est-ce que ça irait si je les laissais chez moi ? Personne n’y toucherait. Et vous pourriez passer demain pour que je vous fasse un permis.
— Ça me paraît surtout une bonne façon d’amener une jolie fille à venir chez toi, répliqua Axelle en souriant. Mais c’est d’accord. »
1.12
Elle attrapa la couleuvre avec ses mains et croqua dedans alors qu’elle était toujours vivante.
Ce n’était pas très bon, mais cela eut au moins le mérite de lui éclaircir un tout petit peu les idées.
C’est-à-dire qu’elle ne savait toujours pas qui elle était, mais elle en était maintenant vaguement consciente.