Rêveries

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 28 octobre 2006

Changer de sexe (Alexandra Augst-Merelle et Stéphanie Nicot)

Changer de sexe - Identités transexuelles (Alexandra Augst-Merelle et Stéphanie Nicot, préface de Martin Winckler) éditions Le Cavalier Bleu

Bon, ça sort un peu du registre fantasy-SF, mais je ne résiste pas à l'envie de parler ici de ce bouquin.

Comme son nom l'indique, il parle des transexuels et des transgenres, et en particulier des transexuels homme vers femme (alias mtf). On y apprend un certain nombre de choses, notamment concernant le niveau relativement déplorable de la France à ce sujet (que ce soit au niveau de la mention du sexe sur les papiers qu'il est très dur de faire changer[1], du suivi psychiatrique ou de la qualité des opérations chirurgicales (en quatre mots, vaut mieux aller ailleurs)) ou sur comment peut se vivre un tel changement. Un livre très instructif donc, avec quand même deux petits bémols : d'abord, lutilisation de terme pas toujours évidents (certes il y a la présence d'un glossaire à la fin auquel il est possible de se référer pour les termes liés au "transgenderisme" [2] ou au milieu LGBT, mais il y a aussi des termes juste'' compliqués sans explication, genre «anhédonie», franchement, vous saviez ce que c'est vous ?) et ensuite, le prix un peu élevé.

Malgré ça, je le recommande chaudement, même si vous n'avez pas l'intention de changer de sexe.

Notes

[1] Et uniquement depuis que la France a été condamnée par la cour européenne des droits de l'homme

[2] Ça pour le coup, je sais pas quel est l'équivalent français

jeudi 26 octobre 2006

Potentiel début de roman

Voilà une scène introduisant l'héroïne de mon peut-être prochain roman (si je n'écris pas la suite d'Elfe noire, démon rouge avant, mais je suis un peu fâchée avec Kalia en ce moment). Je ne sais pas si je vais la garder, mais pour l'instant je l'aime bien, malgré, comme à chaque fois que je n'écris pas dans un univers de «Fantasy», la présence d'un certain nombre de libertés prises par rapport à la «réalité»


Sexe : M ; c’est ce qu’on pouvait lire sur le passeport passablement froissé et imbibé d’essence qui servait présentement à boucher une bouteille en verre remplie du même liquide.

Avec précaution, Alysse appuya le bout incandescent de sa cigarette sur le M et regarda ses papiers prendre feu.

Puis elle lança la bouteille en verre vers une fenêtre du premier étage de la mairie, et s’écarta avant de voir ce que ça allait donner. Elle l’apprendrait en lisant le journal du lendemain.


*****

L’adjoint au maire avait regardé le jeune transexuel et décrété :

« Je suis désolé, monsieur...

— Mademoiselle.

— ... mais si vous n’avez pas subi l’opération de chirurgie, vous ne pouvez pas...

— En fait, avait protesté Alysse, j’ai été opérée. »

L’adjoint au maire, légèrement contrarié, avait retourné quelques-unes des feuilles qui se trouvaient sur son bureau, puis regardé à nouveau le jeune homme qui voulait être femme. Il ne le trouvait pas très féminin, à vrai dire, et la cicatrice qui lui barrait une partie du visage ne faisait rien pour améliorer l’aspect artificiel qu’avait ce dernier.

« Ce n’est pas mentionné ici.

— J’ai un certificat du médecin, là, avait proposé Alysse.

— Ça n’ira pas. Il faudrait au moins une expertise...

— Une expertise ? Ça veut dire quoi ? Une autopsie ?

— Restez poli, monsieur, s’il vous...

— Mademoiselle !

— S’il vous plaît, reprit l’adjoint en soupirant. Ça n’a rien de personnel. C’est la procédure. »

Alysse était partie en grognant, s’arrêtant juste aux toilettes — celles des femmes — avant de quitter le bâtiment. Elle en avait profité pour ouvrir la fenêtre, dérouler le papier toilette et verser de l’essence dessus.

Ça n’avait rien de personnel. C’était sa procédure à elle.

vendredi 20 octobre 2006

Anti, webzine gauchiste

Depuis un certain temps, j'aimerais essayer de créer un petit webzine amateur. Mon idée serait d'avoir quelque chose qui soit :

  • orienté fantasy/fantastique/science-fiction, et eventuellement polar, à voir ;
  • disponible sous licence qui permette au moins la redistribution ;
  • orienté politiquement.

Pour le côté SFFF, je ne crois pas qu'il y ait besoin de discuter ; pour l'aspect "copiable", c'est un peu plus discutable mais je pense pas que ça nuise à quiconque, et bon, je vais pas arrêter d'être libriste si facilement ;et pour le côté «gauchiste»... ben, l'idée est simple : il y a des journaux gauchistes, et des journaux de fantasy (le terme journal devant, dans ce cas, certes être pris au sens très large pour inclure *zines), mais il n'y a pas de journaux gauchistes de fantasy, donc c'est dommage.

Plus sérieusement, l'idée serait d'aborder, via des nouvelles se situant dans des univers imaginaires, un certain nombre de thèmes politiques ou sociaux, comme, mettons, le sexisme, l'homophobie, la redistribution des richesses, le colonialisme... Il n'y aurait pas véritablement de «ligne éditoriale» concernant le contenu «politique» des nouvelles, mais le choix de ces thèmes se ferait en revanche de manière nettement orientée.

Tout ça est encore à l'état de reflexion, mais je décide d'en parler maintenant, parce que je pense que ça pourrait intéresser éventuellement d'autres gens. Si c'est le cas, c'est possible de me contacter par mail à nera at reveries point info, ou, évidemment, de laisser un commentaire ^ ^

mardi 17 octobre 2006

La mémoire de l'eau

La mémoire de l'eau est le nom d'un principe quelque peu fumeux, censé notamment expliquer le fonctionnement de l'homéopathie, qui dit grosso modo que, même s'il n'y a plus de molécule d'un produit à force de dilution, l'eau qui a été en contact avec cette molécule garde toujours un effet. Ce principe a surtout suscité des controverses à cause d'un article publié dans Nature, désavoué par la suite.

Bref.

Voici une nouvelle qui ne parle pas de ça. Je l'ai écrite il y a quelque chose comme deux ans, et au niveau du style comme du fond il y a un certain nombre de problèmes, mais j'avais tout de même envie de la ressortir du placard. J'espère que ça vous plaira quand même un tout petit peu. C'est du policier un petit peu fantastique (suivant comment on regarde), et ça reprend un personnage du roman Loser, même si l'univers n'est pas vraiment cohérent (en fait, l'univers est vaguement cohérent avec l'univers qu'aurait été celui de Loser si je l'avais réécrit comme je le prévoyais au moment où j'écrivais ce texte, mais j'ai eu la flemme).

Read next

dimanche 15 octobre 2006

A hat full of sky (Terry Pratchett)

A hat full of sky (Terry Pratchett), éditions Corgi, roman de fantasy «jeunesse»

Pour continuer dans les critiques de livres, et vu que j'avais précédemment parlé de Les ch'tits hommes libres (The wee free men en anglais) et de Wintersmith, deux romans du disque-monde impliquant Tiffany Aching (alias Tiphaine Patraque dans la version française), voici donc «A hat full of sky», qui se déroule entre les deux.

Tiffany Aching est donc une jeune sorcière, accompagnée des Nac Mac Feegles, gnomes bleus qui aiment boire, voler, se bagarrer, et faire les trois en même temps, qui envoyée en apprentissage chez Miss Level. Malheureusement pour elle, quelque chose veut prendre possession de son corps et de son âme (un hiver en anglais, je pense qu'on pourrait traduire par «ruchier» mais j'y mettrais pas ma main à couper).

Bon, je ne sais pas trop quoi dire sur ce roman que je n'ai pas dit pour les autres tomes, à savoir en deux mots que c'est super bien. Pour détailler un tout petit peu quand même, j'aime bien l'approche intéressante sur les relations entre sorcières. Seul bémol peut-être, j'ai trouvé que la «menace» n'était pas si effrayante que ça (mais c'est peut-être aussi parce qu'il s'agit d'une relecture, donc forcément, quand on sait comment l'héroïne s'en sort...). C'est peut-être que, l'«adversaire» étant «surnaturel» (c'est aussi le cas pour les deux autres tomes de la série, d'ailleurs, mais je trouve qu'ils sont plus proche de l'humanité), on peut difficilement s'intéresser à lui, à ses motivations, etc, contrairement à beaucoup d'autres tomes du disque-monde où l'opposition «protagonistes-antagonistes» est, je trouve, plus prenante.

Cela dit, ça reste un super bouquin.

Les neiges du deshonneur - Hawk & Fisher V (Simon R. Green)

Les neiges du déshonneur - Hawk & Fisher V (Simon R. Green), éditions Bragelonne, roman de fantasy policière.

Le précédent volume que j'avais lu de cette série (qui n'est pas chronologiquement le volume précédent celui-ci, mais j'ai des difficultés fondamentales à lire des romans d'une série dans l'ordre) m'avait laissé une impression mitigée, mais j'ai quand même retenté l'expérience, parce que j'aime bien la «fantasy policière».

Dans ce tome là, Hawk et Fisher enquêtent d'abord sur une histoire de drogue, avant d'inquiéter un criminel qui a le malheurs d'avoir des amis hauts placés, et de se faire quelque peu réprimander, puisqu'ils sont séparés. Tandis qu'Hawk continue semi-officiellement son enquête et doit trouver la drogue, Fisher est affectée à la protection de négociations importantes entre deux pays. Mais les choses ne seront pas si faciles puisqu'il semblerait qu'il y ait un traître dans la garde et, pire, que toutes les pistes désignent Fisher.

J'ai préféré ce roman au «Tueur de dieux», et j'ai plus accroché à l'histoire. Malheureusement, il souffre encore des mêmes défauts que celui-ci : quelques problèmes sur le fond (j'aurais trouvé l'histoire plus prenante si je m'étais vraiment demandé si Fisher était la traîtresse et si j'avais été un peu plus surpris par les rebondissements) et sur la forme (j'ai trouvé le style un peu lourd, avec encore une fois quelques répétitions).

Bref, ça reste un roman intéressant, agréable à lire, mais pas non plus transcendant.

jeudi 12 octobre 2006

De l'intérêt des licences libres pour des romans/nouvelles

(Billet repris de mon ancien blog et qui va sans doute être sujet à modifications dans les prochains jours)

Cela fait maintenant quelques années que j'écris quelques nouvelles et romans. J'ai toujours eu envie de les diffuser sous licence libre, mais la question de la licence n'a pas été évidente, et j'ai envisagé et suis passée par plusieurs possibilités :

La FDL

Au départ, j'utilisais la FDL. Les raisons qui m'ont poussée à m'éloigner de cette licence sont, pour faire bref, qu'elle n'est pas libre. Ça fait peut-être intégriste débianniste de dire ça, et, plus sérieusement, la licence ne m'avait pas posée vraiment de problème à condition de ne pas utiliser les clauses de parties non-modifiables. En revanche, ça fait une licence un peu compliquée du coup et c'est chiant de devoir mettre à chaque fois "sans partie non-modifiable" (un truc comme ça). Accessoirement, je n'avais pas vraiment aimé l'argument de RMS qui consistait à dire, basiquement, que la définition du libre valait pour le logiciel mais que pour le reste c'était tout à fait différent (je reviendrai là-dessus). Énième licence publique

À un moment, déçu parce que je ne trouvais pas vraiment de licence adaptée à ce que je voulais, j'ai envisagé de faire ma propre licence à moi, ben tiens. Mais finalement, j'ai réalisé que je n'étais pas juriste et que du coup j'étais pas vraiment à l'aise pour ça, et accessoirement, qu'il y avait d'autres choses plus amusantes à faire que de réinventer la roue. Encore que ça peut être marrant, de réinventer la roue.

Creative Commons

Bizarrement, je n'ai jamais vraiment envisagé d'utiliser une licence CC. Je pense que ce qui me gêne un peu, c'est que quand on dit "c'est sous CC", on sait pas vraiment sous quelle licence c'est. Bien sûr, on peut dire "c'est CC-by-nd-sa-nc", mais j'ai toujours du mal à me rappeler à quoi correspond chaques initiales.

Licence Art Libre

La licence art libre est plutôt bien, et je n'ai pas vu de point gênant dans cette licence. Je l'ai utilisée pendant un certain temps, que ce soit en double licence avec autre chose, ou alors toute seule.

GNU GPL

Et pourtant, j'ai finalement (après beaucoup de tergiversations, et je garantis pas que ce soit un choix définitif :p) choisi d'utiliser la GNU General Public License. Pourquoi ? Parce qu'elle a quelque chose que les autres n'ont pas : elle est sans doute la licence libre la plus utilisée. Connement.

Là, comme ça, on peut se dire que c'est con d'utiliser une licence parce que les autres font pareil, et qu'en plus, la GPL, c'est pour le logiciel et pas pour les textes.Mais à cela je ne répliquerai qu'une chose : l'intérêt, c'est de pouvoir utiliser ce que j'ai fait dans autre chose, et, à l'inverse, utiliser autre chose dans ce que j'ai fait.

Petit exemple tout con : j'aimerais bien avoir un joli dessin d'elfe comme illustration dans le texte sur lequel je bosse actuellement, Elfe noire, Démon rouge. Comme je dessine pas bien, je pourrais peut-être me baser sur un portrait du jeu Battle for Wesnoth (d'ailleurs, c'est hors sujet mais je suis assez impressionée par l'évolution graphique du jeu depuis la dernière fois où j'y avais joué). Et c'est en GPL. Bien sûr, il y a sans doute des illustrations sous d'autres licences, mais disons que ce serait quand même vachement plus pratique avec une licence commune, ou au moins des licences compatibles entre elle. De la même manière, si je veux adapter une nouvelle en scénario pour ce jeu (oui, j'ai envisagé de le faire à un moment :p), la licence va poser problème si ce n'est pas compatible. Bien sûr, là aussi il y a des logiciels qui ne sont pas sous gpl, mais la majorité est sous cette licence.

Donc c'est pour ça que j'ai choisi la GPL. Elle a des défauts, notamment le fait de parler de "program", et pour parler d'une nouvelle ça fait bizarre. Mais je trouve absurde de vouloir séparer les logiciels des documentations des oeuvres d'art... Les trois se chevauchent : un jeu est un mélange de "logiciel" et "d'oeuvres d'art" (scénario, graphismes, musiques) ; de la même manière, pour ma petite bibliothèque en C la documentation est intégralement incluse dans le code (et générée par doxygen).

Dans l'idéal, je pense qu'il faudrait que la gpl ne soit plus spécifique aux programmes, ou alors que les licences du genre art libre soient au moins, comme la Cecill, compatibles avec elles.

En tout cas je pense que vouloir cloisonner les genres n'est pas bon... en informatique comme pour le reste :p

mardi 10 octobre 2006

Wintersmith (Terry Pratchett)

Bon, il commence à plus y avoir que des «critiques» de bouquin sur ce blog, mais tant pis.

«Wintersmith» (qui, si je ne me gourre pas trop, se traduirait en français par quelque chose comme «le faiseur d'hiver») est le dernier paru (en anglais) de Terry Pratchett et est le trentième livre prenant place dans le Disque-monde. C'est la suite de «The wee free men» (sorti en français sous le nom «Les ch'tits hommes libres») et de «A hat full of sky» (pas encore traduit en français), et j'aurais tendance à dire qu'avoir lu les deux précédents est plutôt recommandé.

On retrouve donc Tiffany Aching (Tiphaine Patraque en français), qui se retrouve cette fois-ci confrontée à l'esprit de l'hiver, qui s'est mis en tête de l'épouser. Sans dévoiler l'histoire, on peut révéler qu'on retrouvera les protagonistes des deux romans précédents, c'est à dire les Nacs Mac Feegle, Miss Tique, Mémé Ciredutemps, etc., qui sont toujours aussi truculents[1]. Le roman est, comme toujours (pour ceux de Pratchett, s'entend) très agréable à lire, passionnant, et, bref, excellent.

Je pensais, au départ, ne pas trop accrocher à la série des Tiffany/Tiphaine. Et je dois bien dire que je me suis magistralement planté ^ ^

Notes

[1] J'avoue, je maitrise pas le sens de ce mot, mais ça fait classe

vendredi 6 octobre 2006

Lectures en vrac

Ce billet regroupe quelques «critiques» (c'est un bien grand mot) que j'avais posté sur mon vieux blog :

Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants (Terry Pratchett)

Un nouveau Pratchett est sorti en français : "Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants", reprenant de très loin l'histoire du flutier et de ses rats : là, le flutier est un enfant, les rats sont de mise avec lui, et Maurice le chat organise le tout. Ils débarquent dans un nouveau village et.. tout ne va pas se passer comme prévu. Un bouquin qui parait orienté vers les enfants, mais en fait pas tant que ça. Bien sympa, vraiment, même si c'est un peu cher...

La vérité (Terry Pratchett)

Donc, "La Vérité" est sorti en français et raconte, pour simplifier, l'histoire d'un jeune homme, William Des Mots, qui va se retrouver journaliste. Du coup, lorsqu'un complot s'attaque au patricien d'Ankh-Morpork, il va se lancer dans une enquête.

Bon, je suis toujours aussi nulle pour faire des résumés, y'a pas de doute, mais Pratchett est toujours aussi bon pour faire des histoires, lui, alors voilà, c'est bien, ça parle d'un thème intéressant, c'est super bien écrit, et l'histoire est assez prenante (même quand on l'avait déjà lu en anglais (+:).

Donc tout ça pour dire que c'est un -ain de bon bouquin.

Pour en finir avec le sexisme (Guillaume Carnino)

Une fois n'est pas coutume, je vais parler d'un petit bouquin, «Pour en finir avec le sexisme», de Guillaume Carnino, paru aux Éditions L'Échappée.

Il est bien écrit, il est assez court, il est pas compliqué, et il explique bien à la fois la hiérarchisation entre sexes et la construction de ces sexes par la société dès le plus jeune âge (et même avant la naissance). Il y a beaucoup d'exemples, c'est vraiment pas dur à lire (c'est le tout premier livre que je lis sur ce sujet et j'ai pas eu du mal), et je pense qu'il y a un certain nombre de personnes qui gagneraient à le faire.

Un petit garçon ne pleure pas !", "Une petite fille ne doit pas se salir !"

"Oh, qu'il est costaud !", "Oh, qu'elle est mignonne !"

"C'est un séducteur, quel Don Juan!", "C'est une séductrice, quelle salope !"

Souvent jugées innées, les différences entre hommes et femmes sont fabriquées par une société sexiste. En faisant un panorama des situations et domaines dans lesquels s'opère la construction sociale du masculin et du féminin (petite enfance, jeux, école, sexualité, famille, publicités, travail, etc.), ce livre questionne les racines de la domination des hommes sur les femmes. Il propose des pistes théoriques et militantes pour remettre radicalement en cause les fondements du sexisme et du patriarcat.

Hommage à la Catalogne (George Orwell)

Ce livre, écrit en 1938, raconte ce qu'Orwell a vécu en Espagne en 1937, et notamment son combat contre les franquistes mais aussi et surtout la terrible répression stalinienne dans le camp républicain qui le conduira à devoir quitter le pays. C'est un texte qui est assez facile à lire et captivant, tout en donnant une analyse intéressante et bien documentée de la situation politique. Dommage qu'il ne parle pas beaucoup de la période 36 et notamment du soulèvement franquiste et de la résistance qui a suivi (ce qui est un peu normal étant donné qu'il n'était pas encore en espagne, je dis pas, mais quand on est un peu nulle en histoire ça manque un peu :p)

Des trois livres que j'ai lu d'Orwell, c'est mon préféré. Il est à noter qu'il a inspiré le film «Land and Freedom», de Ken Loach, que je recommande également :)

La ferme des animaux (George Orwell)

La ferme des animaux raconte l'histoire d'une ferme où les animaux se révoltent et prennent le pouvoir. Rapidement les cochons, dirigé par Napoléon, reprennent le pouvoir et se remettent progressivement à exploiter les animaux comme lors du temps des humains, voire pire.

Ce conte est une métaphore de la révolution russe, et la plupart des animaux symbolisent un personnage ou groupe de personnage : Staline, Trotski, etc. Là aussi, Orwell critique le stalinisme ; si la métaphore politique est bien, il y a quand même un défaut : du coup, on sent venir la fin :p

1984 (George Orwell)

Bon, 1984 est sans doute le plus connu, et il n'y a pas vraiment besoin de le présenter. Là encore, Orwell critique le totalitarisme ; ceci dit, si on retient souvent du bouquin principalement le côté "flicage" et caméras (enfin, écrans qui marchant dans les deux sens) partout, personellement j'ai surtout trouvé intéressant l'aspect manipulation : les trois pays passent leur temps à se faire la guerre sans qu'aucun ne gagne ni ne perde pour pouvoir contrôler leurs populations, l'histoire est réecrite quotidiennement, il y a une minute par jour dédiée à la haine d'un grand méchant terroriste, et même la langue est destinée à empêcher les gens de penser. Je trouve cet aspect là encore bien plus effrayant que l'espionnage en permanence.

Garrett Détective Privé (Glen Cook)

J'ai découvert relativement récemment Glen Cook, qui a notamment écrit la Compagnie Noire.

Personellement, j'ai surtout aimé une autre de ses "series" : Garrett, Détective Privé (ou, en tout cas, les trois premiers tomes sortis en France - je n'ai pas encore essayé de m'attaquer à ceux en VO).

C'est un mélange, en gros, d'Heroic-fantasy et de polar. Le héros est Garrett, un détective privé qui enquête sur différents cas ,accompagné d'acolytes divers comme Morlet, un elfe végératien et bourrin. Au niveau de l'ambiance, ça m'a fait penser à la série des gardes de Pratchett (Au Guet, etc.), même si, d'un point de vue personnel, j'ai moins aimé le style (mais d'un autre côté, il y a peu de styles que je préfère à celui de Pratchett :p), encore que ça se lise très bien et que l'intrigue est prenante.

Bref, j'aime bien, et je trouve que le mélange polar et fantasy permet de renouveler un peu l'un comme l'autre. D'ailleurs, si des gens connaissent d'autres bouquins du genre, je suis preneuse :) [1]

Notes

[1] Depuis, j'en ai découvert une autre série, voir billet précédent

dimanche 1 octobre 2006

Le tueur de dieux - Hawk & Fisher III (Simon R. Green)

Le tueur de dieux - Hawk & Fisher III (Simon R. Green), éditions Bragelonne, roman de fantasy.

La série "Hawk & Fisher" est de la fantasy policière. Étant donné que j'aime la fantasy, les romans policiers, et en général la fantasy policière, j'ai donc décidé de m'y mettre. Comme ma librairie n'avait pas les deux premiers tomes, j'ai commencé par le trois, mais fort heureusement les différentes aventures de ces deux héros sont indépendantes.

Dans "le tueur de dieux", Hawk et Isobel Fisher, deux gardes vieillissants, mari et femme, sont affectés à la "brigade des dieux" et doivent découvrir qui a assassiné trois divinités. Les deux gardes vont donc enquêter, et utiliser des indices classiques mais aussi parfois "magiques" pour essayer de découvrir l'identité du coupable tout en essayant d'empêcher les émeutes dans la rue des dieux.

Comme j'ai dit plus haut, j'aime bien le prinicipe de mélanger de la fantasy avec du polar, ce qui permet, je trouve, de renouveler les deux genres. Malheureusement, ce roman souffre de quelques lacunes. Le style est parfois un peu lourd (répétitons notamment - mais c'est peut-etre dû à la traduction, vu que les répétitions sont moins gênantes en anglais), les dialogues m'ont à certains moments parus peu "réalistes" et longuets (quand des personnage dévoilent des informations aux enquêteurs notamment), et certaines scènes de combat étaient peut-être en trop. Ce n'est pas vraiment dramatique, à vrai dire, et j'ai quand même lu çarapidement et facilement. Plus gênant peut-être, je n'ai pas été superbement emporté par l'intrigue, qui manque peut-être de rebondissements et de suspens.

Bref, ça reste agréable à lire, mais ça ne me laissera pas de souvenir inoubliable et, dans le genre, j'ai préféré la série "Garrett, détective privé" de Glen Cook ou, mieux encore, la série des gardes de Terry Pratchett.