Comme je ne savais pas trop sur quoi «bloguer», je me suis dit que ça pourrait être marrant que je parle un peu des textes que j'ai déjà écrits. Enfin, marrant, pour le lecteur je ne sais pas, mais pour moi, en tout cas.

Donc, aujourd'hui, ce sera sur Blanc ou Noir - alias Noir & Blanc dans sa nouvelle version. Même si je ne vais pas faire une étude de texte trop détaillée, il n'est pas impossible que je spoile un peu, alors si vous ne l'avez pas lue, vous devriez peut-être aller lire cette nouvelle avant. En plus elle est bien. Si, si.

Blanc ou noir

Blanc ou Noir a été ma première véritable expérience avec l'écriture, ça remonte à maintenant cinq ans. J'étais fan du jeu de rôles In Nomine Satanis / Magna Veritas. À l'époque j'expliquais un peu ce texte de la façon suivante :

L'idée originale de cette nouvelle m'est venue au cours du mois de Juillet 2001, en Espagne, durant un stage ouvrier (l'ennui est souvent une très bonne source d'imagination). Il devait au départ s'agir d'un scénario pour INS/MV, puis la forme a évolué au fur et à mesure.

J'ai d'abord élaboré une vague idée du scénario, puis j'ai créé les personnages (avec les règles d'INS/MV...), et ensuite... et bien, je les ai laissés se débrouiller seuls, et je me suis contenté de retranscrire le résultat.

Oui, j'avais _vraiment_ créé les feuilles de personnage. Ce qui expliquait le nombre de description du genre «il avait 3 points en apparence.»

L'histoire racontait, pour simplifier, la rencontre entre Max, un flic, et Laura, démone. Max découvrait petit à petit la lutte entre le Bien et le Mal et se rangeait du côté du Bien, mais finalement on découvrait à la fin que Laura n'était pas vraiment méchante et qu'en fait c'était des vilains Anges fachos qui avaient fait le coup.

Ça faisait 40 pages en tout et ça n'était certainement pas d'un très haut niveau, mais bon, c'était mes débuts, alors à l'époque j'avais des excuses.

Le pire, je crois, n'était pas tant au niveau du fond que de la forme. Quoique non, le pire, c'est que je ne me suis pas énormément amélioré depuis ^ ^

Pour les curieux, le texte d'origine est toujours disponible ici.

Noir & Blanc

J'ai finalement réécrit Blanc ou Noir en Noir & Blanc, en 2004, si je ne me trompe pas. Je l'ai fait parce que je n'étais pas très heureux du texte de départ, mais la réécriture ne m'a, à vrai dire, pas beaucoup plus plu, et j'ai encore retravaillé pas mal de temps dessus avant d'avoir quelque chose qui m'aille à peu près. Pour l'instant. Même si je trouve que ce n'est pas mon meilleur texte.

La réécriture a changé un certain nombre de choses, et a pour commencé enlevé toutes les références à INS/MV. L'univers dans lequel évolue Laura étant dorénavant assez différent de celui de départ. Le policier héros est devenue Mélanie, ennemie d'enfance de Laura.

Noir & Blanc a été «pensé» juste après Delirium / L'ange du chaos et écrit au momet où je préparais Elfe noire, Démon rouge (à l'époque nommé «l'n+1ème prophétie»). Ce qui explique à la fois qu'on retrouve Mélanie dans le premier et, surtout, que le couple Mélanie-Laura ait un certain nombre de points communs avec le couple Kalia-Axelle. La première version a été écrite très rapidement, mais, hélas, n'était pas encore terrible. Il y a ensuite un ou deux remaniements, et puis une réécriture plus importante, où Noir & Blanc est passé à la première personne, raconté par Mélanie. C'était, à vrai dire, en quelque sorte, une expérience ; j'avais déjà écrit Delirium à la première personne, mais le style de Noir & Blanc est assez différent, puisque j'ai cherché à donner un côté «polar».

Le monde a aussi changé durant les réécritures ; au départ, dans Blanc ou Noir, les Anges et les Démons ne sont pas connus du grand public. Au départ je voulais garder ça tel quel, mais le problème était de gérer le fait que Mélanie apprenne quand même des choses qui doivent grandement modifier sa façon de penser. J'ai finalement résolu ça en rendant les Anges et les Démons connus de tous.

Significations

Et maintenant, pour la partie auto-psychanalyse.

Je me suis rendu compte - ou, à vrai dire, je m'en étais déjà rendu compte avant - que les Anges ou les Démons et le thème de la guerre du bien contre le mal revenaient souvent dans mes textes (et même sans compter ceux où il n'y a que Laura). Quelle signification ça peut bien avoir pour moi ?

En dehors de la plus évidente, c'est à dire que le bien contre le mal représente le bien contre le mal, j'imagine qu'il y a quelques significations profondes potentielles. La plus «consciente» et qui remonte, pour autant que je me souvienne correctement, avant l'écriture de «Blanc ou Noir» est que cela représente la vieille division de la guerre froide capitalisme contre stalinisme[1]. Maintenant, on peut se demander : pourquoi cette vieille schématisation alors que, quand le mur de Berlin est tombé, je n'avais même pas dix ans ?

Je répondrais bien, bêtement : parce que je suis communiste, ce qui du coup fait sans doute que je me pose des questions à ce sujet ; cela dit, Blanc ou Noir a été écrit avant que ça ne me vienne vraiment. Encore que, la «morale[2]» de Blanc ou Noir était, en gros, «centriste» ou, en tout cas, «modérée» : «le blanc ou le noir pur c'est pas bien, tout est en nuance de gris» ; tandis que celle de Noir & Blanc réécrit serait plutôt «les deux reviennent au même, ni Ciel, ni Enfer, socialisme international». En carricaturant, évidemment, et j'imagine qu'on pourrait tout aussi bien voir comme morale «la non-violence, c'est mal» ou «les gentils gagnent».

Bien sûr, les anges et les démons ne représentent pas que ça ; parmi les autres thèmes qui ont dû influencer se trouve sans doute le fait que Bush ait promis, après les attentats du 11 septembre, de mener une guerre monumentale entre le Bien et le Mal.

Cela dit, je pense que la raison principale qui fait qu'on retrouve des anges et des démons (surtout des démons, d'ailleurs) dans la plupart de mes textes reste fondamentalement que j'aime bien ces bestioles, des cornes à la queue fourchue.

Conclusion

J'ai toujours du mal à savoir quoi penser de Noir & Blanc. Malgré ses réécritures, j'en suis toujours pas tout à fait satisfait ; malgé ça, il y a aussi pas mal de côtés que j'aime bien. C'est dur à dire. Je suppose qu'il faudra que je le réécrive encore un de ces quatre ^ ^

Notes

[1] Maintenant, je ne saurais pas bien dire si le Bien représente le capitalisme et le Mal le stalinisme, ou l'inverse.

[2] Pour autant qu'on puisse parler de morale ; et ce n'est pas forcément ce qu'en verront les lecteurs du texte. Mais, disons «morale» que j'avais à l'esprit en écrivant