The final battle
Par Nera, mardi 8 août 2006 à 03:25 :: Elfe noire, démon rouge :: #62 :: rss
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The final battle
''Où l'on se bat"
Le dragon put atterrir comme prévu sur le toit. William attendait, assis sur le rebord, à côté des cadavres des deux gardes.
« Content de vous revoir, murmura-t-il. Et de me dégourdir un peu les jambes. »
Kalia descendit du dragon, puis Axelle.
« Tu es prêt ? demanda cette dernière.
— Oui.
— Kalia ?
— Hmmm ? Prête ? Non. Mais je ne crois pas que je pourrai l’être, alors autant y aller, hein ?
— Tu sais, un « oui » suffisait. »
*****
Éliminer les quelques sentinelles qui les séparaient de la chambre royale se révéla un jeu d’enfant pour Axelle et William, notamment grâce à l’aide surnaturelle d’Angèle qui savait exactement où se trouvaient les hommes.
Kalia eut plus de mal, en revanche, même si elle se contentait de suivre ses deux amis et de les regarder faire. Elle n’était pas habituée à voir des gens mourir brutalement devant ses yeux, et surtout pas à en être complice. L’odeur du sang lui donna la nausée et elle dut se retenir pour ne pas vomir.
« Bon, chuchota Axelle. Les rebelles ont dû commencer à attaquer. Il faut qu’on frappe maintenant. Prêts ?
— Oui, répondit William.
— Non », répondit Kalia.
Malgré la réticence de l’elfe, Axelle compta jusqu’à trois avec ses doigts. Elle avait une épée dans l’autre main. En plus de cette arme, qui était on ne peut plus ordinaire, elle avait aussi pris, dans son dos, l’épée de Lumina, qui était soi-disant la seule capable de blesser le roi démoniaque, mais qui avait l’inconvénient de ne pouvoir être maniée que par une personne au cœur pur. Ça la rendait plutôt inutile, mais on ne savait jamais.
Elle s’encombrait aussi de l’arbalète de Kalia qui ne lui servirait probablement plus mais lui avait permis d’éliminer les gardes.
William, lui, n’avait qu’un couteau — et ses dents, évidemment. Kalia, portait l’arme qu’elle avait terminé la veille.
Lorsqu’Axelle baissa son dernier doigt, les deux portes s’ouvrirent silencieusement. Elle s’engagea dans la chambre d’Elyar tandis que William et Kalia entraient dans celle de la jeune fille censée être son invocatrice.
Pendant un moment, alors que le vampire et l’elfe apercevaient la jeune femme allongée dans le lit, il sembla que tout allait se passer comme prévu.
Ce ne fut pas le cas.
La porte claqua derrière Axelle tandis qu’elle s’apercevait qu’Elyar n’était pas dans son lit mais dans son dos.
Au même moment, la jeune orque ouvrit les yeux, et William se mit à brûler avant de s’écrouler au sol.
Kalia leva son arme et appuya plusieurs fois sur la détente, ciblant la jeune femme qui était maintenant assise sur le lit ; mais aucune balle ne la toucha.
Ce n’était pas que l’elfe avait particulièrement mal visé : une bonne moitié des balles auraient atteint leur cible si elles ne s’étaient pas mises à flotter devant la jeune orque, immobiles et, par conséquent, inoffensives.
Pendant ce temps, Axelle, elle, s’était retournée, et regardait Elyar dans les yeux.
« Pfff, soupira ce dernier. Vous espériez vraiment que vous arriveriez jusqu’à nous sans vous faire repérer ?
— Pour être franche, oui. Alors, c’est toi, Elyar ? »
Le démon bomba le torse, leva les bras et fit sortir des immenses griffes de ses doigts.
« Je suis Elyareleth, fit-il, empathique, fils de Annetloch, seigneur de Shy et prince de Malariès. » Puis il baissa un peu le ton, leva une griffe et demanda : « Et toi ?
— Moi pas », répondit simplement Axelle en dégainant son épée.
Cependant, la jeune orque levait la main et renvoyait les projectiles vers sa destinataire. Kalia anticipa un peu l’attaque à cause de son côté passablement éculé et plongea au sol, parvenant à esquiver toutes les balles, à l’exception d’une seule, qui vint lui démolir l’épaule gauche.
L’elfe ne sentit pas la douleur sur le coup, mais le monde tourna autour d’elle et elle perdit connaissance.
Axelle et Elyar tournaient l’un autour de l’autre en frappant régulièrement, essayant de garder un peu de distance malgré les meubles qui limitaient l’espace disponible.
Le combat n’était pas particulièrement esthétique, ce qui s’expliquait, d’une part, parce que les deux combattants tenaient à tuer leur adversaire et à rester en vie plus qu’à suivre des règles ou un code d’honneur et, d’autre part, parce qu’il est difficile d’avoir un combat esthétique lorsqu’un combattant a une épée à deux mains et l’autre des griffes démoniaques.
En apparence, le duel semblait équilibré, car les deux adversaires semblaient parvenir sans trop de difficulté à esquiver les coups de leur opposant.
Ce n’était qu’une illusion, car Axelle se fatiguait beaucoup plus vite qu’Elyar et, après quelques minutes, elle retira sa main trop tard et sentit les griffes de son ennemi lui déchirer l’avant-bras, ce qui lui fit lâcher son épée.
Elyar récupéra l’arme en ricanant, tandis qu’elle se tenait le bras blessé pour limiter l’hémorragie.
« Tu devrais abandonner. Je suis prêt à être clément. On pourrait collaborer. Imagine ce qu’on pourrait faire ensemble.
— Je n’ai pas envie d’être l’esclave d’une gamine.
— Tu crois sérieusement qu’elle me contrôle ? demanda le roi du Darnolc en levant les yeux au ciel. Oh, arrête. C’est plutôt moi qui la manipule. Tu sais comment ça marche, exploiter les aspects noirs de l’âme pour donner l’impression que c’est l’invocateur qui décide. On a tous fait ça, un jour ou l’autre.
— Hum », fit Axelle qui n’avait jamais vraiment fait ça, étant donné qu’elle n’avait été invoquée qu’une fois, et encore, par erreur, et pas longtemps.
« On pourrait régner tous les deux, reprit Elyar. Deux démons au pouvoir, on pourrait être les maîtres du monde.
— Désolée, répliqua Axelle. J’ai déjà donné. »
Kalia fut réveillée par un coup dans l’estomac. Un second la fit se tordre de douleur.
« Alors, fit la jeune orque. Vous êtes venus de loin pour essayer de me tuer. Peut-être que je devrais me sentir flattée ?
— Je... qui êtes vous ?
— Tu ne sais même pas qui tu viens tuer ? demanda la jeune femme en décochant un nouveau coup de pied à l’elfe. Je m’appelle Okyst, mais je suppose que tu t’en fous.
— Non, mentit Kalia. Mais... pourquoi ?
— Pourquoi quoi ? » demanda Okyst en se baissant et en retournant Kalia pour qu’elle lui fasse face, ce qui lui fit arracher un cri de douleur à cause de la pression sur le bras blessé. C’était la première fois que l’elfe pouvait vraiment voir à quoi ressembler son ennemie : une jeune femme à la peau sombre, aux cheveux blancs, et aux yeux déments.
« Pourquoi est-ce que vous avez invoqué ce démon, pour commencer ?
— Mes parents sont morts pendant la guerre. À cause de tes maîtres.
— Ma mère aussi est morte pendant la guerre. Je ne m’amuse pas à invoquer des démons pour autant. »
Ça n’était à vrai dire pas nécessaire, puisqu’elle en avait de toutes façons un sous la main. Mais elle ne le mentionna pas.
« J’en avais assez d’être impuissante. En fait, que notre pays tout entier soit impuissant. Tous s’étaient ligués contre nous. Les humains, les elfes, les nains... Je vais faire changer ça.
— Avec une nouvelle hécatombe ? Oh, ouais. Brillante idée. »
L’orque grimaça, et envoya mentalement un coup dans le visage de Kalia, qui se mit à saigner du nez.
« Tu peux me tuer, reprit cette dernière, mais ce n’est pas comme ça que les orcs iront bien. Pendant que tu prépares ta guerre, ils meurent de faim. Ou sont exécutés par tes soldats.
— Il faut un nouvel ordre », répliqua Okyst en ramassant l’arme que Kalia avait laissé tomber. « Mais peu importe. Je ne m’attendais pas à ce que tu comprennes. Tu sais le plus amusant ? C’est que c’est avec ton propre engin que je vais te tuer.
— Oh, ouais, grommela Kalia. Je suis sûre qu’il y aurait une morale à tirer de ça. »
Axelle bloqua l’épée d’Elyar avec l’arbalète, qui encaissa relativement bien le coup mais y perdit sa corde. Elle envoya ensuite un coup de poing dans le visage de son ennemi.
« Oh, fit ce dernier en reculant. Bien joué. Mais j’ai du mal à comprendre pourquoi tu te sers d’une arbalète pour parer alors que tu as une autre épée.
— Et bien, soupira Axelle, c’est compliqué. Je ne peux pas m’en servir.
— C’est con.
— Ne m’en parle pas. »
Kalia envoya son pied dans l’arme au moment où Okyst appuyait sur la détente, ce qui lui sauva temporairement la vie.
L’orque grimaça à nouveau et projeta d’une pensée Kalia à l’autre bout de la pièce. Puis elle laissa tomber l’arme.
« D’accord, fit-elle en se dirigeant vers l’elfe. Je comprends que tu ne veuilles pas mourir par ton propre jouet. Je vais te tuer à ma façon.
— Urgl », fit Kalia.
Étendue sur le côté, un filet de sang coulant de son nez et une douleur fulgurante dans l’épaule gauche, elle avait du mal à trouver une réplique plus appropriée.
Elle réussit cependant à apercevoir, par terre, le couteau que William avait laissé tomber.
Du pied, Okyst la retourna sur le dos et s’agenouilla une nouvelle fois à côté d’elle.
« Je veux que tu me regardes. Je veux que tu me vois en mourant. »
Kalia sentit une pression autour de son cou qui l’empêcha de respirer. Elle tendit la main vers le couteau, mais eut à peine le temps de le saisir avant de sentir une nouvelle pression contre son poignet qui lui plaqua la main au sol.
Elle ne pouvait pas lutter contre la magie, songea-t-elle avant de réaliser qu’elle se trompait. En fait, elle savait très bien comment lutter : il suffisait de croire assez fort que ce n’était pas vrai. Ce n’était jamais qu’une question de volonté, de confiance en soi.
L’ennui, c’était que la confiance en soi, Kalia n’en avait pas beaucoup.
Une nouvelle fois, Axelle bloqua avec l’arbalète, qui s’abîma encore un peu sous le choc. Mais elle n’avait pas vu les griffes d’Elyar qui fondaient vers son ventre.
« Aargl, lâcha-t-elle.
— Je crois que tu as perdu », fit Elyar en faisant remonter ses griffes vers la poitrine de son ennemie. Axelle hurla.
Puis Elyar retira ses griffes et la laissa s’écrouler.
« Tss. Tu ne vaux pas grand chose, comme démon.
— Non », admit Axelle en gémissant, le ventre dévasté.
Et, jugeant que les circonstances le justifiaient, elle fit ce qu’elle avait espéré ne jamais avoir à faire : elle posa sa main sur le pommeau de l’épée de Lumina.
Kalia n’avait pas beaucoup de confiance en elle, mais elle avait confiance en ses livres. Et tous les livres sur la magie étaient unanimes : ce n’était pas vraiment réel. Il suffisait de ne pas y croire.
Cela suffit à l’elfe pour compenser son manque de confiance et récupérer le contrôle de son bras. Elle parvint à se redresser un peu et donna un coup de couteau vers la gorge d’Okyst.
Elle sentit la pression sur sa gorge disparaître et put à nouveau respirer. Okyst avait laissé du sang sur tout son corps et sa gorge émettait de funestes gargouillements, mais il fallut plusieurs secondes à Kalia pour comprendre qu’elle était en train de mourir.
« Je... voulais... juste... » fit l’orque dans un dernier râle.
Kalia n’avait pas grand chose dans l’estomac, mais elle se mit tout de même à vomir.
Axelle sentit d’abord sa main la brûler, mais elle ne lâcha pas l’épée, et la sortit du fourreau. Ce fut ensuite que ça empira.
C’était maintenant son âme qui était en feu, ce qui était une impression difficile à décrire mais en tout cas fort désagréable. Elle sentit aussi de l’énergie revenir dans son corps mourant. Suffisamment pour lui permettre de réussir à se relever, malgré ses blessures.
Elle chargea en hurlant. Elyar tenta de parer mais la mort d’Okyst, avec qui il était lié, l’avait déconcentré et la lame vint se planter à côté de son épaule.
La blessure n’était pas fatale, ou en tout cas n’aurait pas du l’être, mais le démon fit une grimace horrible.
« Qu’est-ce... ? gémit-il.
— Je... crois que c’est une buveuse d’âme, répondit Axelle en souriant. Mais je ne sais pas si c’est la mienne ou la tienne qui est aspirée. »
Elle n’arrivait plus, en effet, à détacher sa main de l’arme. Et elle sentait aussi l’épée la dévorer de l’intérieur.
Estimant qu’elle n’avait pas le cœur assez pur pour porter une telle arme plus longtemps, Axelle retira l’autre épée des griffes de son ennemi agonisant, ferma les yeux et, d’un geste sec, se trancha le poignet droit.
Elle conserva peut-être son âme, mais perdit toute l’énergie que l’arme lui avait donnée, et s’écroula au sol pour la dernière fois.
*****
Etip, capitaine d’escadron chez les Medkos, pénétra dans le palais, un Snikov à l’épaule.
« On en est où ? demanda-t-il à un des hommes présents dans le hall.
— On contrôle le rez-de-chaussée, et le premier étage. Au dessus, c’est plus compliqué.
— Vous savez où est le roi ?
— Dans les étages supérieurs, apparemment.
— Bien. Vous tous, là, vous venez avec moi, on va voir ce qu’il en est.
— Euh... on s’est dit qu’on pourrait attendre un peu. Les envoyés d’Erekh doivent s’en occuper.
— Le sort du Darnolc dépend de ça. On y va. »
Etip se précipita dans les escaliers, accompagné d’une quinzaine d’hommes. Ils montèrent trois étages avant de tomber sur d’autres Medkos.
« Il y a encore une poche de résistance ici, expliqua un orc.
— Vous savez où est le roi ? demanda Etip.
— Au-dessus. On a entendu des coups de feu.
— Et vous n’êtes pas allés voir ?
— Euh... ben, on se disait, c’est peut-être plus sûr d’attendre, hein ? C’est un démon...
— Je vois. Bon, on y va. »
Ils montèrent les derniers escaliers avec plus de précaution que les précédents, mais il n’y avait plus de bruit de combat, à part ceux qu’on entendait venant de l’étage du dessous.
Etip fit signe à ses hommes de prendre position dans les deux pièces, puis entra dans la chambre d’Okyst.
« Deux morts, et une fille vivante. Humaine », expliqua un homme.
Etip jeta un coup d’œil, et aperçut Kalia, qui était assise par terre, contre le mur. Elle ne lui sembla pas dangereuse.
« D’accord. Surveillez la.
— Hé ! fit un orc. Celui-là est vivant. »
Il parlait de William, qui n’était pourtant plus vraiment vivant depuis un bout de temps mais était encore capable de bouger un peu.
« Avec qui il est ? demanda Etip, tandis que des hommes pointaient leur arme vers lui.
— Arrêtez ! protesta Kalia. On est avec les Nytelovers !
— Nytelovers ? Bon, surveillez les deux. On verra après. »
Il sortit ensuite de la chambre et se dirigea vers l’autre.
« Que des cadavres ici, expliqua un homme. C’est... immonde. »
Etip aperçut le sang, les entrailles, la main coupée et dut se retenir pour ne pas vomir.
« D’accord. Vérifiez juste que le roi est bien mort.
— Déja fait. Il est froid.
— Bien. Bien, bien. On dirait que le Darnolc n’a plus de roi.
— Hé ! fit une voix derrière lui. Arrêtez ! »
Saison 4, épisode 14
The final battle
''Où l'on se bat"
Le capitaine se retourna et aperçut l’elfe blessée qui essayait de rentrer dans la pièce ; mais elle perdit l’équilibre et s’écroula juste devant la porte.
« Vous êtes blessée, expliqua Etip en essayant de la redresser un peu. Ne bougez pas.
— Veux savoir... comment elle va..., supplia Kalia dans un orc approximatif.
— Je suis désolé, reprit le capitaine. Mais la personne qui est dans cette pièce est morte. »
Bizarrement, Kalia arbora un léger sourire.
« Je l’avais bien dit, que ça ne se passerait pas comme prévu.
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