Nouvelles nouvelles
Par Nera, mercredi 16 novembre 2005 à 19:40 :: Elfe noire, démon rouge :: #40 :: rss
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Nouvelles nouvelles
Où l'on reçoit quelques nouvelles de la situations, au Darnolc, à Erekh, et entre les deux
« Ah, fit-il en relevant la tête. Je suppose que tu vas me demander si j’ai des nouvelles de Ly ?
— Gagné.
— Elle va bien. Elle ne devrait pas tarder à rentrer. Je commence à avoir des informations assez complètes. En tout cas, pour ce qu’on peut connaître depuis un dragon.
— Si tu en as l’occasion, demande lui de revenir en un seul morceau.
— J’y penserai. À propos, si ce n’est pas indiscret, Ly et toi, vous êtes...
— Amis, répondit Armand.
— Juste amis ?
— On s’entend bien. Pour le reste...
— Ça ne me regarde pas, compléta William en souriant. Désolé, réflexe d’espion. J’ai une question moins personnelle : pourquoi est-ce qu’on combattant de ta valeur reste ici à chercher un soi-disant « élu » ? À la place de la reine, je t’aurais nommé commandant, près du front.
— Je ne me vois pas en commmandant, répliqua Armand. Et la reine pense que les prophéties sont importantes. Les gens y croient.
— Sérieusement ? demanda William, surpris.
— Je n’ai pas dit qu’elle y croyait, corrigea Armand. Mais elle pense qu’il est important, pour le moral de ses troupes, que l’on trouve un élu.
— Ah, je crois que je comprends. Et si vous ne le trouvez pas, vous vous débrouillerez pour le fabriquer ?
— C’est l’idée, admit Armand en souriant.
— Cela correspond plus à l’idée que je me fais de... » commença William, mais il fut interrompu par une chauve-souris qui était entrée par la lucarne.
Le volatile alla voleter autour de lui avant de se poser sur son épaule. Il l’attrapa et décrocha le papier qui était attaché à une patte arrière.
« Bonne nouvelle ? demanda Armand.
— Plutôt, répondit William en jetant un coup d’œil rapide au message. C’est Axelle.
— Elle va bien ?
— Selon elle, oui. Je suppose qu’il n’y a qu’un démon pour caractériser un œil crevé de blessure sans gravité, cela dit. Enfin, Kalia sera contente de voir ça.
— À propos, demanda Armand, Kalia et Axelle, elles sont...
— Juste amies, répondit William en souriant. Elles s’entendent bien.
— Compris, fit Armand. Ça ne me regarde pas. C’est juste que... Kalia ? » Il haussa les épaules. « Je veux dire, on ne peut pas dire qu’elles se ressemblent beaucoup.
— Je ne sais pas, répondit William en haussant les épaules. Dans le fond, je ne crois pas qu’elles soient si différentes. Axelle est juste plus sûre d’elle. »
*****
Dans le début de l’après-midi, Louis apporta à Kalia un semblant de déjeuner, principalement constitué de sandwich au pain.
« Je suis désolé de te voir du mauvais côté des barreaux.
— Pas autant que moi, répliqua Kalia entre deux bouchées.
— Ouais, admit Louis en raclant ses pieds contre le sol. J’imagine.
— C’est gentil de passer me tenir compagnie. On s’ennuie un peu, ici.
— Je suppose.
— Tu penses que je vais rester là longtemps ?
— Je ne sais pas. Le capitaine ne t’aime pas beaucoup, mais on n’a qu’une cellule. Logiquement, on devrait te transférer dans une vraie prison en attendant ton procès, mais je crois que ça l’ennuie. »
Kalia fronça les sourcils.
« Pourquoi ?
— Parce que tu risques d’exposer les raisons de ce rassemblement, et il n’a pas forcément envie qu’un juge se demande pourquoi les plaintes enregistrées ont disparu.
— Je n’avais pas vu les choses comme ça, admit Kalia. Donc, il va être obligé de me relâcher ?
— Je pense. Au bout d’un moment. Mais il va d’abord t’en faire baver. Il t’en veut.
— Sans blague ?
— Je crois qu’il a peur, expliqua Louis.
— Peur ? s’étonna Kalia. De quoi ?
— Je ne sais pas trop. Peut-être peur que quelqu’un regarde de trop près le fonctionnement de la garde ?
— Mais pourquoi ? Pour ce que j’en sais, il n’est pas concerné par cette affaire de viol. Je veux bien qu’il y ait une histoire d’honneur de la garde, mais ça me paraît léger. »
Louis tourna la tête, un peu nerveux, et vérifia que personne ne pouvait les entendre.
« Je crois qu’il y a autre chose, dit-il à voix basse. Je ne saurais pas dire quoi exactement, mais il y a des choses bizarres. »
Kalia fronça à nouveau les sourcils.
« Quel genre de choses ?
— Aucune idée. Mais il y a des discussions qui s’interrompent quand j’arrive. Des regards en coin. J’ai l’impression qu’il y a une sorte de... secret, et que je ne suis pas dans la confidence.
— Vraiment ?
— Peut-être que je suis un peu paranoïaque, concéda Louis en souriant. Mais j’ai cette impression depuis que tu es partie en mission pour la reine. Il y a une ambiance malsaine. »
Kalia hocha la tête. L’ambiance malsaine, ça, elle voulait bien y croire. Mais un secret ? Une conspiration ? Louis était peut-être effectivement un peu paranoïaque.
Peut-être que les petites cachotteries de ses anciens collègues n’étaient que des ragots ordinaires à propos de la femme d’un tel qui le trompait avec un autre.
« Tu n’en sais vraiment pas plus ?
— Je ne crois pas », répondit Louis.
Il resta cependant pensif un moment.
« Une idée, peut-être, reprit-il. Quand tu es partie, on se demandait tous où tu étais passée. Il y a eu des rumeurs. On disait que tu travaillais pour la reine.
— Ce qui était vrai.
— Oui. Mais il y en a eu aussi pour dire que, depuis le début, elle t’avait demandé de la renseigner. Tu aurais été une sorte de taupe. Je n’y ai pas trop fait attention, mais certains avaient l’air inquiets. »
Kalia pouvait comprendre les origines de ce genre de bruits. C’était grâce à la reine qu’elle avait pu entrer dans la garde. Sans doute parce que, plus ou moins par hasard, dans des circonstances complexes, elle l’avait croisée alors qu’elle venait de monter sur le trône. Sans doute aussi parce qu’elle pensait sincèrement intégrer une elfe dans la garde pourrait réduire la tension entre celle-ci et un certain nombre de personnes. Les nains, notamment, déjà à l’époque.
Sur ce dernier point, il était difficile de déterminer si Kalia avait rempli son contrat : d’un côté, elle s’entendait à merveille avec la majorité des nains, mais, de l’autre, elle était maintenant enfermée.
Enfin, quoi qu’il en était, elle devait bien admettre qu’elle avait été pistonnée et elle comprenait qu’on puisse penser qu’elle avait garder le contact avec la reine, même si leur relation était en réalité plus froide que la Transye Vanille en été.
Ce qui était plus perturbant, c’était que certains gardes soient inquiets pour ça. Qu’est-ce qu’ils pouvaient avoir de si important à cacher à la reine ?
*****
« Bonsoir, fit William au garde de faction. Je voudrais voir votre prisonnière.
— C’est impossible.
— Regardez ça », répliqua William en sortant un morceau de papier froissé d’une poche de son manteau. « Vous voyez ça ? Le sceau royal. Et là, c’est marqué « carte blanche ». Ça veut dire que je peux faire ce que je veux. Si je veux voir votre détenue, je peux. Et si je trouve qu’il est plus rapide de vous tuer pour y accéder, je peux aussi.
— Euh », fit le garde, qui n’avait jamais été confronté à une situation de ce genre. « Je vais parler avec mon supérieur.
— Pas de problème, répondit chaleureusement William. Si vous avez besoin de moi, je serai en bas, dans la cellule. »
*****
Les yeux de Kalia s’illuminèrent lorsqu’elle aperçut William. Une deuxième visite dans la journée, c’était inespéré.
« Will ! s’exclama-t-elle. Oh, si tu savais comme je suis contente de te revoir.
— Oui, et bien, ce n’est pas une raison pour m’appeler « Will », tempéra William. Il n’y a que mon hallucination pour m’appeler comme ça et, jusqu’à preuve du contraire, tu as une existence indépendante de la mienne.
— Désolée, fit Kalia en souriant. C’est à cause de cette cellule. Ça me donne envie de sauter au cou de tous ceux qui me rendent visite.
— Et bien, calme tes ardeurs. Garde les plutôt pour celle qui t’a écrit cette lettre, elle les appréciera plus que moi, je crois. »
Il lui tendit la lettre d’Axelle à travers les barreaux. Kalia l’attrapa en tremblant, un large sourire aux lèvres.
« Comment est-ce qu’elle a pu l’écrire ? s’étonna d’elle.
— Avec un crayon ? suggéra William. Sinon, j’ai une autre bonne nouvelle. La tentative de Léhen pour hâter la guerre a fait choux blanc. Et en plus de ça, la reine l’a suspendu du conseil. »
Kalia hocha la tête, satisfaite. Avec un peu de chance, le duc rebelle serait un peu calmé pendant quelques temps.
« Malheureusement, moi, je n’ai pas que des bonnes nouvelles. »
Elle expliqua rapidement à William les inquiétudes dont Louis lui avait fait part.
« Hmmm, fit le vampire. J’ai bien peur de ne pas pouvoir faire grand chose. Je m’occupe seulement du Darnolc, et ça me prend déjà beaucoup de temps. Évidemment, il y a d’autres espions, mais...
— Tu ne leur fais pas confiance ?
— Je n’en suis pas sûr, admit William. S’il y a vraiment un complot, ils auraient du s’en rendre compte. Et faire remonter l’information. Sauf s’ils sont dans le coup.
— Peut-être qu’il n’y a pas de complot ?
— On peut toujours espérer. Je vais quand même essayer de me renseigner. On reste en contact ?
— D’accord. Merci pour la lettre, au fait.
— C’est normal, répondit le vampire en souriant. Je n’ai pas envie qu’Axelle ait une dent contre moi lorsqu’elle reviendra. Je tiens à mon intégrité physique. »
*****
William était parti. Kalia avait consacré quelques instants à trouver une position assise plus ou moins confortable.
Ensuite, lentement, avec un mélange d’impatience contenue et d’appréhension, elle avait déplié la lettre d’Axelle, et maintenant, elle lisait.
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