Le côté obscur
Par Nera, mercredi 27 juillet 2005 à 01:51 :: Elfe noire, démon rouge :: #26 :: rss
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Le côté obscur
Où l'on découvre le secret de l'Épée de Monkilla,
Et de celle qui la porte (et la lâche)
Kalia et Axelle purent dont repartir avec des vêtements secs ; Kalia garda tout de même le manteau qu’elle avait trouvé dans le château, parce qu’il était chaud et que ce n’était pas vraiment du vol, hein ?
Il n’en restait pas moins que le trajet était long à pied, et que Kalia commençait à en avoir par dessus la tête de ces journées de marche qui n’en finissaient pas. Heureusement que le château de Miya n’était pas au plus au plus profond de la Transye Vanille : elle n’aurait pas supporté deux semaines de marche dans la neige.
Heureusement, il y avait Axelle qui, en plus de l’encourager lorsqu’elle avait envie d’abandonner ou de s’arrêter là pour la nuit, en plus d’être une présence rassurante lorsque des hurlements de loups se faisaient entendre dans les bois voisins, permettait surtout de passer le temps en discutant tandis qu’elles marchaient sur ces chemins sans fin.
Elles parlaient du monde, de ce qu’il faudrait changer pour qu’il soit plus vivable — elles en avaient conclu assez rapidement que la réponse était « les gens », la discussion portait en fait surtout sur le comment —, d’Erekh et du Darnolc, de magie et de vampires, d’elfes et de démons.
Après dix heures de marches, alors que la nuit commençait à tomber et qu’elles rejoignaient un petit village où elles trouveraient une auberge pour passer la nuit, Kalia lui avait même presque pardonné sa mauvaise plaisanterie de la veille.
*****
Après une courte nuit de sommeil, c’était reparti pour un tour : réveil difficile, petit déjeuner rapide et Axelle et Kalia étaient sur la route avant même que le soleil ne soit levé.
Il faisait de plus en plus chaud — ou plutôt de moins en moins froid — alors qu’elles s’approchaient de la frontière. Vers midi, elles aperçurent le petit chemin cerné par les montagnes qui leur permettrait de rejoindre Erekh.
Kalia se réjouissait de ne plus avoir froid et d’être bientôt arrivée, ce qui l’arrangeait plutôt, car elle commençait à avoir un certain nombre d’ampoules aux pieds.
Axelle, elle, ne partageait pas son enthousiasme. Elle paraissait inquiète et se retournait régulièrement, sans rien parvenir à voir.
Alors qu’elles s’approchaient de la limite de la forêt, elle se colla à Kalia et lui murmura à l’oreille :
« Je n’ai pas de certitude, mais je crois que quelqu’un nous suit.
— Hein ?
— Écoute. Tu vas continuer seule jusqu’à l’auberge et déjà demander à récupérer le dragon.
— Et toi ?
— Je vais rester un moment. Je veux savoir qui nous suit.
— Je n’aime pas ça.
— Ça ira. Je pense que c’est juste un vampire ou un serviteur, mais j’aimerais en avoir le cœur net.
— Prends au moins mon arbalète.
— D’accord, accepta Axelle en souriant. Tu prends l’épée de Monkilla en échange ? »
Lorsqu’elle s’échangèrent les deux armes et qu’Axelle attrapa l’arbalète, elle fut surprise par son poids. Bien sûr, ce n’était pas si étonnant vu qu’elle avait un énorme cylindre métallique qui contenait une dizaine de carreaux ; mais elle se demandait comment Kalia pouvait s’en servir.
L’elfe devait avoir plus de force dans les bras que ce que sa petite taille et sa timidité ne laissait supposer.
« Tu sais t’en servir ? demanda cette dernière.
— Ouais, dit Axelle. Détente pour faire tournier, levier pour recharger, détente pour tirer.
— Il faut faire dans le bon ordre...
— ... sinon ça abîme la corde, compléta Axelle en souriant. Je sais.
— Bien.
— À tout à l’heure.
— Fais gaffe à toi. »
Axelle acquiesça de la tête et regarda son amie s’éloigner quelques instants.
Puis elle passa l’arbalète en bandoulière dans son dos et grimpa à un arbre, et attendit.
Ce fut au bout d’une bonne dizaine de minutes, alors qu’elle commençait à se demander si elle n’était pas paranoïaque, qu’elle aperçut une ombre passer en dessous d’elle.
Elle se laissa tomber de l’arbre juste derrière et braqua l’arbalète.
« Lève les mains », ordonna-t-elle.
L’homme obéit et leva deux mains gantées.
« Tourne toi. »
L’homme obéit, avec un léger sourire, et Axelle reconnut les yeux bleus et la fine barbiche.
« Wolf ? fit Axelle. Qu’est-ce que tu fous ici ?
— C’est une longue histoire, répondit William. Il n’y avait pas une elfe avec toi ? »
*****
Kalia apercevait maintenant l’auberge où elles avaient dormi la première nuit.
Elle se retourna une nouvelle fois mais ne vit toujours pas Axelle. Elle se décida à aller chercher le dragon tout de même ; si elle devait ensuite retourner en arrière, ce serait plus rapide.
Elle était perdue dans ses pensées, à se demander si Axelle allait bien et à partir de combien de temps il faudrait qu’elle commence à s’inquiéter, enfin à vraiment s’inquiéter.
Tellement perdue dans ses pensées, à vrai dire, qu’elle ne vit pas les silhouettes sommairement dissimulées derrière des arbres.
Elle se figea lorsqu’elle vit quatre bandits sortirent de leurs cachettes.
L’un portait une arbalète, les trois autres semblaient n’avoir que des couteaux.
Peut-être que si elle se mettait à courir... Mais non, ils étaient trop proches, et courraient sans doute plus vite qu’elle.
Si seulement Axelle était là, songea Kalia. Elle, elle saurait quoi faire.
« Lève les mains, et lâche cette épée », ordonna le type à l’arbalète.
Kalia se mordit la lèvre inférieure, hésita, et se résigna à obéir piteusement. L’épée manqua de lui écraser un pied lorsqu’elle la laissa tomber sur le sol.
« Et le sac ! »
Kalia obéit et retira aussi son sac, puis leva à nouveau les mains.
« Bien », fit un de ceux qui avaient un couteau, un gros type mal rasé et patibulaire, en s’approchant d’elle. « Maintenant, enlève ton manteau.
— Quoi ?
— Enlève le manteau ! »
Kalia obéit et retira le long manteau qu’elle avait récupérée au château.
Un des types qui se trouvaient un peu derrière se mit à rigoler.
« L’autre manteau, maintenant, fit celui qui était près d’elle. »
Elle obéit une nouvelle fois et se retrouva en chemise. Même si elle venait de franchir la frontière de la Transye Vanille, il ne faisait pas si chaud.
« Bien, fit le type avec un sourire mauvais. Maintenant, tu déboutonnes ta chemise. »
Kalia secoua la tête, crispée, et fit un pas en arrière.
« Enlève ta chemise ! »
Nouveau pas en arrière. Elle trébucha contre une pierre, parvint à reprendre l’équilibre en se rattrapant à un arbre, mais se retrouva acculée à celui-ci.
Le type s’approcha d’elle et posa une main sur l’arbre, juste à côté de la tête de Kalia. L’autre main, qui tenait le couteau, s’agiteait devant son visage.
« Pour la dernière fois, fit-il. La chemise. »
Kalia pouvait sentir son haleine puante. Elle secoua la tête une nouvelle fois, au bord des larmes.
« Bon, fit le type. Comme on dit : si tu veux que ça soit bien fait... »
Il descendit le couteau près de la chemise et commença à la découper. Kalia se mit à sangloter alors que la lame glissait le long de sa poitrine.
L’homme termina son travail et écarta les deux pans de la chemise, puis regarda ce qui se trouvait derrière avec l’œil du propriétaire.
« Hmmmm, fit-il en grimaçant. J’ai connu mieux. Enfin, comme on dit : on fait avec ce qu’on a... »
Sa grosse main se posa sur le sein droit de Kalia, et commença à le tripoter, alors que Kalia pleurait et que la main avec le couteau traînait près de son cou.
« Hmmm, fit-il en regardant l’autre sein. Joli tatouage. »
Kalia ferma les yeux et se rappela la marque noire, qu’elle avait presque fini par oublier. Elle se rappela la douleur lorsqu’on la lui avait tatouée sur la poitrine. Elle se rappela le regard mauvais. Et elle se rappela le pire...
( « Il faut que tu comprennes, je fais ça pour ton bien. » )
Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle vit que le type avait de la bave aux lèvres et les yeux exorbités. Elle réalisa alors qu’elle lui avait envoyé son genoux dans les testicules.
D’une main, elle écarta la lame de son visage et, de l’autre, elle lui envoya un violent coup de poing de poing dans la mâchoire. Le sale type s’écroula par terre.
L’homme qui avait l’arbalète réalisa que tout ne se passait pas comme prévu lorsque son équipier tomba au sol. Le sourire qu’il arborait se figea et il décide de régler la situation. Tant pis pour la partie de jambes en l’air. Il leva l’arbalète, et tira.
Les deux autres hommes armés de couteaux se précipitèrent vers Kalia pour aider leur complice.
« À votre place, fit une voix, je m’arrêterais. »
Ils se tournèrent et aperçurent Axelle, l’arbalète à la main, à une dizaine de mètres d’eux.
« Ah ! fit un des types, probablement pas le plus intelligent des deux. Tu n’as qu’un carreau et nous sommes deux ! »
La corde claqua dans le vide. L’homme regarda l’arme un instant, sans comprendre.
« Ça marche moins bien, sans ce petit truc », fit William, derrière lui, le carreau entre deux doigts.
Pris de colère, l’homme se rua vers lui et lui décocha un puissant coup de poing. Qui frappa dans le vide, alors que les dents de William, elles, atteignaient leur cible et se plongeaient dans la gorge de son adversaire.
Les deux hommes lâchèrent leurs armes et s’écroulèrent par terre, chacun de leurs genoux transpercé par un carreau.
« Vous disiez ? » demanda Axelle en soufflant théâtralement sur l’arbalète, malgré l’inutilité de la chose.
*****
Kalia envoya son pieds dans les côtes de l’homme qui était au sol alors qu’il essayait de se relever.
Puis elle frappa une nouvelle fois. Et elle frappa encore.
Lorsqu’il devint manifeste que l’homme ne chercherait pas à se relever avant un bon bout de temps, elle continua à frapper.
Et puis au bout d’un moment, elle s’écroula, et fondit en larmes.
Axelle posa doucement le manteau sur ses épaules.
« Ça va, fit-elle. C’est fini. »
Kalia hocha la tête, et soupira. Elle passa une main sur son visage pour se sécher les larmes.
« Et l’épée ? se rappela-t-elle subitement. On a récupéré l’épée ?
— Aucune importance, répondit Axelle, lugubre.
— Comment ça, aucune importance ?
— Cette épée n’a rien de magique ni de sacrée. Ce n’est pas celle dont parlait la prophétie.
— Quoi ?
— La reine, cracha Axelle, n’a jamais cru que tu serais capable d’accomplir cette mission. Alors elle t’a envoyée ici très officiellement, avec un ordre de mission et tout le tintouin, pour faire diversion. Un leurre, pendant que son vrai héros récupérerait la véritable épée. Comme ça, ces types là », elle fit un geste vague pour montrer les quatre types qui étaient par terre et que William était en train d’attacher, « s’en prendraient à toi et pas à lui.
— Tu veux dire... fit Kalia, qui paraissait choquée par cette révélation. Tu veux dire que depuis le début, je n’étais qu’un pion à sacrifier ?
— Ouais. »
Kalia se leva. Elle sanglotait à nouveau.
« Écoute, fit Axelle, je...
— J’ai besoin de rester seule », répliqua Kalia en s’écartant.
Axelle la regarda s’éloigner un peu, et aller s’asseoir sur une pierre un peu plus loin à l’ombre.
Elle jeta un coup d’œil à William, qui se contenta de hausser les épaules. Puis il se tourna et regarda un moment dans le vide. Sûrement Angèle qui lui parlait.
Axelle aida William à attacher les types, tout en jetant régulièrement un regard à Kalia, qui leur tournait le dos, pour vérifier qu’elle était toujours là.
« Je vais lui parler, dit-elle finalement.
— Non », répondit William.
Axelle se tourna vers lui, surprise.
« Quoi ?
— Laisse moi faire », dit-il.
Ils se toisèrent un instant, puis Axelle haussa les épaules.
« D’accord. Fais comme tu veux. »
*****
Kalia ne parut pas réagir lorsque William s’assit à côté d’elle. Elle avait arrêté de pleurer, mais elle paraissait toujours sous le choc.
« Je suis désolé », fit William.
Kalia ne répondit pas.
« Tu ne vois pas qu’elle ne veut pas te causer ? » demanda Angèle.
William l’ignora.
« Je crois que la reine veut vraiment aider Erekh, continua-t-il. Même si ça doit briser des vies innocentes.
— Ouais, fit Kalia. Et puis, qu’est-ce que ça peut faire si je meurs ? Personne n’en a rien à foutre, de moi.
— Tu ne devrais pas dire ça, répliqua William. Ce n’est pas vrai.
— Vraiment ? »
William haussa les épaules.
« Tu crois qu’Axelle ne tient pas à toi ? »
Kalia se mordit la lèvre.
« Non, répondit-elle. Pas elle. Mais...
— Réaliser qu’on n’est qu’un pion sur le jeu des Grands de ce monde, ça ne fait pas très plaisir, hein ? » demanda William en sortant du papier à rouler et du tabac de son manteau.
« Voilà, admit Kalia. Et puis...
— Et puis il y a autre chose, compléta William. »
Kalia ne répondit pas.
« Ce n’est pas un joli tatouage », fit William.
Instinctivement, Kalia resserra son manteau pour cacher sa poitrine. Mais il était déjà fermé et, de toutes façons, William regardait une pierre par terre.
« Quel crime tu as commis ? » demanda-t-il
Kalia resta silencieuse un monnment. Puis elle tourna la tête du côté opposé à William.
« Je n’ai pas envie d’en parler. »
William hocha la tête, compréhensif, et retourna à la cigarette qu’il était en train de se rouler.
« Il y a un temps, fit-il au bout d’un moment, quand j’étais encore humain, j’étais amoureux. »
Kalia se tourna vers lui, surprise et ne voyant pas où il voulait en venir.
« Et la personne que j’aimais était amoureuse de moi », continua William, dirigeant la cigarette vers sa bouche. Puis il s’arrêta et la tendit à Kalia. « Tu fumes ? demanda-t-il ?
— Non, répondit Kalia.
— Bref, fit William en portant définitivement la cigarette à sa bouche, on était amoureux et tout allait bien. »
Il gratta une allumette contre la pierre et alluma sa cigarette.
« Et puis un jour, des types sont venus et ont arrêté Gaël, parce que notre amour était une offense à Dieu et à la virilité de certains. »
Kalia baissa la tête. Il souffla une bouffée de tabac.
« Ici, il n’y avait pas d’histoire de tatouages. Pour éviter qu’il recommence, ils l’ont... castré. Il n’a pas supporté ça et s’est suicidé un peu après.
— Désolée, fit Kalia.
— C’est la vie, répondit William en haussant les épaules. Quand à moi, ils ont préféré testé une méthode novatrice. Un espèce d’asile de fous, pour me rééduquer. Pour que je sois plus viril.
— Et ça a marché ? demanda Kalia.
— Ouais, répondit William en souriant. J’ai réussi à en sortir. Je suis allé voir le type qui avait eu l’idée de ça, et je lui ai cogné la tête contre le mur jusqu’à ce que je n’ai plus qu’une bouillie informe entre les mains. Très viril, non ? »
Kalia ne répondit pas. Elle regardait ses pieds.
« Bref, fit William après avoir expiré une nouvelle bouffée de tabac. Je me trompe peut-être, mais ton tatouage, on te l’a mis pour ça, hein ?
— Ouais, soupira Kalia. Comment tu le sais ?
— C’est le but du tatouage, non ? Que ce soit marqué sur toi à vie. Le serpent noir qui se mord la queue. Crime sexuel. »
Kalia hocha la tête.
« Et comment tu sais ça ?
— J’ai connu un ou deux elfes, expliqua William. Enfin, peu importe. Tu es sûre que tu ne veux pas en parler ?
— Pourquoi est-ce que tu tiens à me faire parler ?
— Ça te ferait du bien. »
Kalia resta silencieuse. William haussa les épaules entre deux bouffées de tabac.
« En tout cas, je te préviens. Évite de créer une personne imaginaire à qui parler de ça. Je cherche toujours à me débarrasser de la mienne. »
Angèle lui jeta un regard mauvais, mais Kalia sourit.
« Elle s’appelait Eïlil, commença-t-elle. Eïlil Dèlasilve. Elle était princesse et moi j’étais sans nom, une fille de putain. Mais on était amies, et, à cette époque, tout allait bien.
»Et puis, on est devenues plus qu’amies, et les choses se sont corsées. Ses parents se sont arrangés pour qu’on ne se voit plus, en espérant que ça nous passerait. Pour elle, c’est allé. Elle a fini par trouver quelqu’un d’autre, qui était du bon sexe, et ça s’est bien passé.
— Et pour toi ?
— Je n’ai jamais aimé un homme, expliqua Kalia. Et c’était ça le problème. Je ne sais pas comment c’est ici, mais chez les elfes, deux femmes qui couchent ensemble, ce n’est pas grave. Mais à condition qu’elles couchent quand même avec des hommes, tu vois ce que je veux dire ?
— Je vois ce que tu veux dire, acquiesça William. Les hommes n’aiment pas qu’on offense leur virilité.
— J’imagine, fit Kalia. Bref... on a voulu me faire changer. »
Elle essuya les larmes qui commençaient à couler.
« On m’a... s’étrangla-t-elle, forcée à ... »
Elle éclata une nouvelle fois en sanglots. William passa un bras autour de son épaule.
« Et tout le temps, continua Kalia, ils répétaient que c’était pour mon bien, qu’il fallait que je comprenne... »
*****
Au bout d’un moment, après avoir consciencieusement ligoté les pieds et les mains des quatre hommes, après les avoir interrogés un moment (mais ils ne savaient rien : un type qu’ils ne connaissaient pas les avaient recrutés dans une taverne pour faire ce sale boulot), après être restée un certain temps à ne rien faire, Axelle alla rejoindre William et Kalia et s’assit à côté de cette dernière.
Elle avait posé la tête sur l’épaule du vampire et s’était arrêtée de pleurer. Elle regardait quelque chose devant elle, ou peut-être qu’elle regardait quelque chose à l’intérieur d’elle.
« Ça va ? » demanda Axelle.
Aucun des deux ne répondit pendant un moment. Puis Kalia finit par rompre le silence :
« Pourquoi ? demanda-t-elle. Pourquoi tant d’acharnement contre ceux qui sont un peu différents ? Ceux qui veulent juste vivre comme ils sont ? Pourquoi tant de haine pour les briser, pour les tuer, pour les détruire ?
— Vaste question, répondit Axelle en haussant les épaules. Je crois qu’elle est trop intellectuelle pour moi.
— Désolée, fit Kalia. C’est les mauvais souvenirs. Ça me rend mélancolique.
— En tout cas, ce que je peux te dire, fit Axelle avec un léger sourire, c’est qu’à partir d’un moment, quand on s’est pris trop de coups, il faut commencer à les rendre. »
Commentaires
1. Le mercredi 27 juillet 2005 à 01:57, par Neryel :: site
2. Le samedi 30 juillet 2005 à 23:57, par marot_r
3. Le lundi 15 août 2005 à 20:26, par blorp7
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