Rêveries

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dimanche 24 avril 2005

Antipathy for the Devil

Saison 2, Épisode 1
Antipathy for the Devil

Où William fait une mauvaise rencontre

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mardi 19 avril 2005

Anagramme

La nuit s'annonçait merdique. La journée avait bien commencé, pourtant. Une mission facile, éliminer un vampire de bas rang qui avait récemment rejoint les rangs des morts-vivants.

Aucune difficulté pour les frères — et la sœur — Grant. Kyle, Lucie et Arthur avaient déjà massacré des dizaines de vampires. C'était leur boulot. Et ils le faisaient bien.

Et, juste au crépuscule, ils avaient aperçu Camille. Camille, qui était parmi les vampires les plus anciens — on murmurait qu'elle avait plus de quatre siècles. Camille, dont la tête valait plusieurs millions d'euros.

Et ils étaient tombés sur elle par hasard. Alors qu'ils discutaient dans leur van banalisé sur la façon dont ils allaient opérer. Lucie avait levé la tête de sa tasse de café, froncé les sourcils et dit « Cette fille me rappelle quelqu'un ».

Et la bande l'avaient suivie, évidemment. Cinq millions. La gloire. Et un suceur de sang de moins. L'occasion était trop belle.

Mais voilà, si Camille avait survécu aussi longtemps, c'était parce qu'elle n'était pas si facile à tuer. Sans aucun signe qui aurait permis aux Grant de savoir qu'ils avaient été repérés, elle les avaient traînés dans un vieux bâtiment en ruine.

Lorsqu'ils étaient entrés à sa suite, la suceuse de sang avait disparu. La porte d'entrée s'était refermée derrière eux. Et des zombies étaient sortis de partout.

Et après quelques minutes de combat acharné, les morts-vivants continuaient à surgir, alors que les frères — et la sœur Grant, eux, commençaient à sacrément manquer de balles.

Putain de nuit de merde.

Dans un tonnerre assourdissant, la porte vola en éclats. Durant quelques instants, l'ensemble des combattants — zombies compris — se figea, et tous les regards se tournèrent vers l'entrée, alors que les morceaux de bois finissaient de retomber au sol.

Dans le cadre de la porte se tenait une jeune fille dont une bonne partie du visage était caché par de longs cheveux noirs et des lunettes de soleil. Elle portait un manteau en cuir, noir lui aussi, qui lui descendait jusqu'en dessous des genoux. Elle tenait à la main gauche deux bouteilles remplies d'un liquide translucide et fermées par un chiffon rouge en train de se consumer, et à la main droite un jerrican d'essence.

Elle posa ce dernier au sol d'un geste lent, alors que les vampires — comme les Grant — restaient pétrifiés, fouilla dans une poche de son manteau et en sortit une cigarette de marijuana qu'elle mit dans sa bouche. Elle l'alluma en se servant d'un des cocktails molotov qu'elle tenait à la main gauche. Puis, tout en tirant une bouffée, elle les projeta d'un revers du bras.

Et la situation se défigea. Alors que les deux bouteilles roulaient sur le sol, Lucie utilisa ses dernières munitions pour dégager le chemin entre le groupe et la porte. Arthur utilisa son physique de viking pour repousser deux morts-vivants qui le collaient de trop près, et Kyle donna un grand coup avec la crosse de son fusil à canon scié à un autre zombie.

Puis ce fut le chaos : les deux frères et la sœur Grant se frayèrent un passage vers la sortie, alors que les deux cocktails molotov s'embrasaient — avec quelques non-morts — et que la jeune fille en noir répandait de l'essence un peu partout.

Puis elle sortit à son tour, tira une dernière bouffée sur son joint, et l'envoya d'un geste du pouce au milieu des cadavres animés (mais plus pour très longtemps).

Lucie fut la première à reprendre son souffle.

« Merci, dit-elle à l'inconnue en noire. Je ne sais pas ce que nous saurions devenus sans vous.

— Des zombies », répondit froidement la jeune fille en se retournant et en commençant à s'écarter.

« Mais qui êtes-vous ? » demanda Kyle.

La jeune fille s'immobilisa et se mit à sourire.

« Van Helsing, répondit-elle. Laura Van Helsing. »


*****

C'était aussi une nuit de merde pour Mélanie. Elle avait les poignets pratiquement en sang à cause des menottes qui la rattachaient au radiateur depuis pratiquement vingt-quatre heures. Ce qui n'était pas le plus gênant. Le plus gênant, c'était que la personne qui l'avait attachée n'allait pas tarder à revenir.

Victor revint effectivement peu de temps après la tombée de la nuit. Il bâilla nonchalamment, dévoilant au passage des canines proéminentes. Probablement pour l'impressioner, supposa Mélanie.

« Cela doit vous changer ? demanda-t-il. Je veux dire, d'habitude, ce n'est pas les flics qui finissent ligotés.

— Vous comptez faire quoi ? demanda la policière sur un ton neutre.

— Je n'ai rien contre vous, répondit Victor. Mais il se trouve que j'ai besoin de sang.

— Même si vous devez tuer pour ça ? »

Le vampire haussa les épaules.

« Bah, les mortels sont destinés à mourir, non ? Un peu plus tôt, un peu plus tard, ça change quoi ?

— Pas mal de choses, répliqua Mélanie.

— De toutes façons, je n'ai pas le choix, répondit Victor, qui paraissait presque triste . Je suis un vampire.

— On a toujours le choix, fit Mélanie avec un léger sourire aux lèvres. Et puis, n'y a-t-il pas un proverbe qui dit « Tue un humain, et tu auras à boire pour la nuit. Sympathise avec quelques humains, et tu auras à boire pour le reste de leurs jours » ? »


*****

Driiiing.

Camille se dirigea sans se presser vers la porte d'entrée de son appartement. Quelques siècles avant, elle aurait habité dans un énorme et sinistre château, mais ce n'était pas actuellement la meilleure façon de survivre lorsqu'on était un vampire. Et puis, accessoirement, un appartement était plus facile à chauffer.

Elle jeta un coup d'œil dans le judas avant d'ouvrir. Une fille aux lunettes de soleil et en manteau noir. Tout à fait le look de ces nouveaux chasseurs de vampires. Ou de ces nouveaux vampires, aussi. Elle ouvrit la porte.

« Vous désirez ? » demanda-t-elle.

La jeune fille en noir retira ses lunettes de soleil, dévoilant des yeux verts, et dévisagea un instant Camille. Cette dernière, malgré ses quelques siècles, paraissait toujours avoir une vingtaine d'années. Elle avait le visage un peu plus lisse et pale que la moyenne, mais à part ça paraissait une jeune fille totalement ordinaire, y compris dans la façon de s'habiller. Les Grant avaient du mérite à l'avoir reconnue.

« Laurdac, répondit la jeune fille en tendant la main vers Camille. Je vous avais eue au téléphone.

— Je vois, répondit Camille en ignorant la main. Entrez. »

Laurdac lui avait en effet téléphonée dans la journée, alors qu'elle dormait. Drôle d'idée. Elle prétendait avoir des informations à lui donner, une liste de noms de chasseurs de vampires. Camille trouvait ça louche. Ou bien il s'agissait d'une vampire peu discrète qui ne survivrait pas longtemps, ou bien il s'agissait d'une chasseuse de vampires. Qui ne survivrait, elle n'en avait aucun doute, encore moins longtemps.

C'était probablement la deuxième solution, d'ailleurs. À part son nom, Laurdac n'avait pas grand chose de vampirique. Si c'était une chasseuse, elle était courageuse de venir l'attaquer de nuit chez elle. Ou suicidaire, plutôt.

Camille alla s'asseoir dans un fauteuil, invitant d'un geste Laurdac à se mettre dans le canapé.

« Bien, commença Camille. Récapitulons. Qu'est-ce que vous me proposiez ? »

Laurdac plongea sa main dans son manteau et en ressortit deux feuilles de papier.

« De l'information, répondit-elle. Des noms de chasseurs de vampires.

— Et qu'est-ce qui me prouve que ce ne sont pas des noms aléatoires tirés de l'annuaire ?

— Intérêts communs, répliqua Laurdac en souriant. Ça m'arrange aussi si vous les éliminez.

— Et qu'est-ce que... » commença Camille, mais elle fut interrompue par le téléphone. « Excusez moi », dit-elle en se levant et en sortant de la pièce.

Laurdac profita de son absence retirer son manteau et se mettre un peu plus à l'aise. Bon, la rencontre ne s'annonçait pas trop mal pour l'instant. Elle était encore en vie.

Camille revint au bout de quelques secondes et s'assit à côté de Laurdac sur le canapé.

« Je crois que vous vous méprenez sur moi, fit-elle.

— Comment ça ? demanda Laurdac.

— Vous pensiez vraiment que j'allais vous prendre pour l'une des nôtres alors que vous avez éliminé mes serviteurs il y a à peine une heure, Laura Van Helsing ? »

Bon. La rencontre n'allait peut-être pas se dérouler aussi bien que prévu, finalement.

Camille plongea ses canines dans le poignet droit de Laurdac / Van Helsing, puis plaça un verre ballon en dessous pour récupérer le sang qui en coulait.

La chasseuse de vampires ne luttait pas. De toutes façons, elle n'avait pas d'arme sur elle, et la vampire aurait probablement le dessus au corps à corps.

Elle se contenta donc de regarder avec détachement Camille changer de verre parce que le premier était plein. Puis cette dernière relâcha son poignet, qui tomba mollement sur le canapé.

« J'ai sali le canapé », fit remarquer Van Helsing.

Camille se contenta de hausser les épaules et lui tendit un des verres.

« J'y ai droit aussi ? demanda la chasseuse en l'attrapant.

— Je ne voudrais pas être impolie, répondit Camille en portant son verre à ses lèvres. Santé ! »

Laura ne put s'empêcher de sourire, et avala la moitié de son verre. Ce n'était pas aussi désagréable que ce à quoi elle s'était attendue. Elle tendit néanmoins son verre à Camille.

« Tenez, dit-elle. Je crois que vous appréciez plus que moi.

— Merci, répondit la vampire. Je dois admettre que je te trouve courageuse. Tu n'as pas peur ?

— On se tutoie, maintenant ? demanda la « chasseuse » (qui était maintenant plus dans le rôle d'une proie) en levant un sourcil.

— Pourquoi pas ? demanda Camille. Je ne vais pas tarder à faire de toi ma fille des ténèbres. Quelle ironie, hein ? Tu es venue éliminer une vampire, et tu vas en devenir une à ton tour. »

Van Helsing sourit et secoua la tête lentement.

« On dirait que c'est maintenant vous qui vous méprenez sur moi, dit-elle. Je ne suis pas venue pour vous tuer.

— Ah ? Et tu es venue pour quoi, alors ? »

La jeune fille utilisa sa main intacte pour sortir son portefeuilles et en tira une photo d'un type à lunettes et aux cheveux courts et la passa à Camille.

« Victor Terenski, dit-elle. Devenu l'un des « vôtres » depuis quelques jours. J'ai des raisons de croire que mon amie est avec lui. J'aimerais la retrouver avant qu'elle ne soit morte. Et je sais que vous êtes bien informée.

— Et pourquoi j'aiderais quelqu'un qui a tué mes zombies ? »

Laura se mordit la lèvre, gênée.

« Et bieeeen... Ce n'était que des cadavres, non ? Et je vous ai donné du sang. Du sang contre une information, ça me paraît honnête, non ? »

Camille parut sceptique.

« Et qu'est-ce que tu comptes faire du vampire ? demanda-t-elle. L'éliminer ?

— Pas si je peux l'éviter. Je veux retrouver mon amie, c'est tout. »

Camille hocha la tête, se leva et passa dans la pièce à côté. Laura en profita pour examiner son poignet. Le sang avait commencé à coaguler et s'était arrêté de couler. Elle n'en avait somme toute pas trop perdu, mis à part les deux verres : le canapé était presque propre. Enfin, pas trop sale. Récupérable, quoi.

« Apparemment, fit Camille en entrant dans la pièce, il a un squat, rue Oulianov. Et mets ça au passage, ajouta-t-elle en lui tendant de quoi se panser.

— Merci, répondit la jeune fille en enroulant la bande autour de son poignet. Je peux savoir pourquoi vous m'aider ?

— Si tu es prête à t'affronter à mes zombies, à venir chez moi en pleine nuit et à te vider de la moitié de ton sang pour obtenir une adresse, je suppose qu'elle en vaut la peine ? »

La jeune fille sourit en attrapant son manteau.

« Ouais. Merci, en tout cas.

— Hey, fit Camille alors qu'elle s'apprêtait à partir, Van Helsing ou quelque soit ton nom, si un de ces quatre tu as envie de rejoindre les non-morts, tu as mon téléphone. »


*****

La porte du squat ne vola pas en éclats, mais se contenta de s'ouvrir violemment, et la pseudo chasseuse de vampires, sans aucune prudence, se précipita à l'intérieur, un pistolet au poing.

Il ne lui fallut que quelques secondes pour trouver où était Mélanie, mais Victor Terenski avait déjà eu le temps de se placer derrière elle et de lui placer un couteau sous la gorge.

« Un geste, et elle est morte. »

Laura Van Helsing leva son arme et la pointa vers la tête de Victor.

« J'ai vu assez de sang pour la soirée, fit-elle, alors lâche-la, et je ne te ferais rien. Tu as trois secondes, après, tu es mort. »

Victor arbora un sourire mauvais.

« Vraiment ? demanda-t-il. Primo, tu as toujours la sécurité sur ton arme. Secundo, qu'est-ce qu'une balle ferait à un vampire ?

— Primo, répliqua la chasseuse, il ne me faut que quelques nanosecondes pour l'enlever. Secundo, c'est des balles en argent. »

Mélanie grimaça.

« Quoi ? demanda Laura.

— L'argent, c'est pour les loups-garous. Pas pour les vampires.

— Oh. Je voulais dire, des balles en ail.

— Tu t'enfonces, soupira Mélanie. En plus, c'est le pistolet à billes que tu avais quand tu étais gamine.

— Oui, mais des billes en ail. »

Mélanie secoua la tête avec un air navré ; Victor dut reculer sa lame pour éviter qu'elle ne se blesse.

« Tu ne sais jamais quand il faut t'arrêter », fit-elle.

La chasseuse baissa son arme en soupirant.

« Oh, excuse moi. Maintenant, si tu n'avais pas décidé d'enquêter sur cette disparition de cadavre dont, soit dit en passant, personne n'avait rien à foutre, je n'aurais même pas eu besoin de commencer, je te signale.

— Et moi », répliqua Mélanie tandis que Victor n'osait pas intervenir et espérait que la dispute n'allait pas durer, je te signale que je n'ai pas besoin que tu sois derrière moi tout le temps ! Je suis capable de me débrouiller toute seule.

Laura se mordit les lèvres.

« Mais merde ! fit-elle en agitant les bras. Je me faisais du souci ! Je ne savais même pas si tu n'étais pas morte ! Je me suis coltinée des zombies, des chasseurs du Vatican, je me suis faite sucer le sang pour savoir où tu étais et quand j'arrive tu fous mon plan en l'air en révélant que je n'ai pas une vraie arme ! »

Mélanie fronça les sourcils, et aperçut le bandage sur le poignet de son amie.

« Tu es blessée ? demanda-t-elle, plus calmement. »

Laura haussa les épaules et secoua la tête.

« Non, c'est rien, répondit-elle, calmée aussi. Et toi ?

— Ça va, fit Mélanie.

— Bon. Vous la laissez partir, alors ? »

Victor parut hésiter un instant.

« Si je le fais, vous vous en allez en m'oubliant ?

— Ça me va, répondit Laura en souriant. D'ailleurs, je ne me souviens plus de votre nom. »


*****

« Tu es sûre que ça va ? demanda Laura en attrapant la main de son amie.

— Ouais.

— Il ne t'a pas mordue ?

— Non. Il voulait à un moment, mais finalement il s'est décidé à se limiter à boire le sang des animaux.

— J'espère que tu lui as dit de ne pas toucher aux chats. »

Alors qu'elle sortaient de l'immeuble, Laura aperçut les trois Grant qui descendaient de leur véhicule.

« Vous arrivez trop tard, lança-t-elle joyeusement.

— Vraiment ? demanda Lucie, visiblement déçue.

— Vraiment. J'espère que vous aurez plus de chance une autre fois.

— Bah, fit Kyle, ce qui compte, c'est qu'il y ait une de ces pourritures en moins.

— En tout cas, ajouta Lucie, merci encore pour tout à l'heure, mademoiselle Van Helsing.

— C'est naturel.

— Bonne fin de soirée, mademoiselle Van Helsing », fit Kyle en remontant dans le van. Qui s'ebranla peu après.

« Mademoiselle Van Helsing ? répéta Mélanie une fois qu'ils furent partis.

— Ouais ?

— Mademoiselle Van Helsing ?

— Ben quoi ? demanda Laura. Apparemment, ça les a impressionnés. Peut-être qu'ils ont cru que c'était mon vrai nom.

— Et pourquoi pas Dracula, tant que tu y étais ? Ou un anagramme foireux ? »

Laura grimaça.

« Bon, tout ça c'est fini, d'accord ? dit-elle. Maintenant on va rentrer et finir la nuit dans un lit douillet. Il ne faudrait pas rater le dernier métro.

— Je ne voulais pas te vexer, fit Mélanie en souriant. Merci d'être venue. Même si je m'en serais tirée sans toi. »

Laura passa un bras autour de son amie et jeta un coup d'œil au ciel. Les lumières de la ville l'empêchaient de voir les étoiles, mais elle pouvait distinguer la pleine lune à moitié cachée derrière un nuage.

Finalement, la nuit était plutôt belle.

lundi 11 avril 2005

Complément

Épisode 7.1
Ajout à l'épisode 7

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vendredi 8 avril 2005

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dimanche 3 avril 2005

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Épisode 7
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